Les éditorialistes francophones invitaient mercredi au "courage" face au confinement, sorte de "grand reset" par lequel paradoxalement la Belgique leur semble sortir "unifiée et pacifiée".

"Comme si soudain notre réel rattrapait notre imaginaire", commente l'éditorialiste du Soir Béatrice Delvaux, qui revient sur le "confinement strict" décrété la veille par les autorités belges. "Ce ne sera pas facile car ce sera long. Personne n'est Superman ou Wonder Woman, c'est pourquoi il est crucial, là où nous sommes, de vérifier que "l'autre" n'a pas besoin d'un encouragement, d'une attention ou d'un coup de fil", suggère-t-elle.

Dans les titres Sudpresse, le rédacteur en chef Demetrio Scagliola salue un "compromis à la belge, pragmatique, bienveillant, discret et humain, dont on espère qu'il sera efficace pour faire reculer le virus". Il salue l'attitude de Sophie Wilmès à cet égard, la Première ministre "libérée" d'une Belgique "confinée certes, mais qui est apparue, l'espace d'un soir, plus unifiée et pacifiée que jamais".

La Libre Belgique, en Une, juge aussi que les Belges se retrouvent "éloignés mais unis". Dorian de Meeûs note toutefois dans son éditorial qu'en pleine crise sanitaire, le monde politique se doit de s'attaquer parallèlement à la crise de l'économie. "Deux crises, deux batailles", constate-t-il, enjoignant de "sortir le bazooka maintenant et préparer déjà les frappes chirurgicales. Nous devons les affronter et les vaincre, quoi qu'il en coûte".

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Dans La Dernière Heure, "au-delà de la limitation de notre liberté de mouvement, que nous devons accepter pour le bien collectif, cette pandémie aura aussi des conséquences économiques sans précédent", prévoit le rédacteur en chef Jean-Marc Ghéraille, qui enjoint au pays de soutenir ses entreprises. "Pour que la Belgique continue à vivre. Pour que les entreprises ne meurent pas".

Dans L'Avenir, Philippe Leruth se tourne vers l'Histoire, notant en Une que dans cette nouvelle "campagne de 18 jours", la Belgique "ne capitule pas" cette fois. L'éditorialiste rappelle en effet que près de quatre-vingts ans après les dramatiques événements de mai 1940, les autorités belges ont entamé une nouvelle campagne des 18 jours, "pour enrayer la multiplication des contaminations" cette fois.

Ce "grand reset", le rédacteur en chef de L'Echo François Bailly espère qu'il laissera un "héritage": "cette prise de conscience que ce court-termisme - dans lequel il nous aura enfermés un temps - nous tue. Que nous ferions bien, à l'avenir, de penser plus loin qu'au lendemain quand nous construisons un monde global".