Comme chaque jour depuis le début de la pandémie de coronavirus, les autorités ont dévoilé le nombre de nouvelles hospitalisations et décès journaliers en Belgique. Les experts ont également fait quelques précisions et répondu aux questions les plus posées.

"Le nombre de personnes admises à l'hôpital reste le meilleur indicateur actuel de la maîtrise de l'épidémie. Mais c'est un indicateur qui arrive en retard", note Emmanuel André, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19. "Ce que nous constatons, c'est que cet indicateur est en train de se stabiliser. Même si les nouvelles hospitalisations restent élevées, ce nombre n'augmente plus de façon très importante. Nous nous orientons vers une situation de maîtrise de la propagation de l'épidémie, même si d'importants efforts restent à réaliser."

"Le nombre de personnes dans les hôpitaux reste élevé. Nous pouvons ralentir la propagation du virus en respectant les mesures demandées. La grande majorité d'entre nous prenons nos responsabilités. Mais la situation dans les hôpitaux est difficile même si elle est toujours gérable", continue Benoit Ramacker, expert du Centre de crise national.


Qu'en est-il de l'indicateur des décès? Pour Emmanuel André, "s'il reflète également l'intensité de l'épidémie, le nombre de décès est un indicateur plus tardif. Nous nous attendons à encore avoir de nombreux décès dans les prochains jours", note-t-il. "La surmortalité liée à cette épidémie par rapport aux décès qui se produisent naturellement dans la société est quelque chose qui pourra être mesurée par la suite. Nous pourrons comparer le nombre de décès que nous observons aujourd'hui avec les tendances des années précédentes."

1) Combien de jours faut-il attendre pour être débarrassé du coronavirus une fois qu'on est guéri?

"Après une infection confirmée, et une évolution positive (plus aucun symptôme depuis un certain nombre de jours), les patients seront considérés comme guéris et auront développé les anticorps nécessaires. Toutefois, les patients guéris doivent maintenir les règles qui s'appliquent à l'ensemble de la communauté car ils peuvent encore être vecteur de par les surfaces qu'ils touchent. Chacun doit maintenir les règles, qu'il ait été ou non infecté par le virus", martèle Emmanuel André.

2) Peut-on expliquer pourquoi le Limbourg est la province la plus affectée?

"Le fait que certaines régions du pays aient eu plus de cas d'infections est lié à ce qu'il s'est passé au tout début de l'épidémie. Il y a probablement eu plus de foyers à cet endroit à ce moment-là. Mais les mesures que nous avons prises pour réguler la circulation du virus se sont appliquées à l'ensemble des provinces. Il n'y a aucune raison de penser que le Limbourg serait en avance par rapport à d'autres provinces qui le "rattraperont" ensuite. L'impact de ces mesures se fait de façon homogène", poursuit Emmanuel André.

3) Est-il utile de désinfecter les rues?

"Ce n'est pas utile car les vecteurs du virus ne sont ni les arbres ni l'asphalte", tranche Emmanuel André. "Ce sont les personnes qui sont vecteurs du virus. Le virus peut se déposer de façon temporaire dans l'environnement, puis éventuellement être retransmis par contact. Mais c'est temporaire! Le virus, quand il est en extérieur, s'il se dépose, va finir par disparaître et mourir dans les heures ou les jours qui suivent. Ces désinfections n'agissent que sur ces surfaces, pas sur les vecteurs qui sont les hommes."