De nombreuses questions demeurent quant à la poursuite des assouplissements présentés lors du dernier Comité de concertation. Mais l'attention se focalise actuellement sur la réouverture des terrasses à la date du 8 mai. S'il n'est pas encore certain que cette dernière puisse avoir lieu au vu des conditions à remplir rappelées par Frank Vandenbroucke ce dimanche, les autorités travailleraient actuellement à la mise en place d'un protocole strict pour que cette réouverture ne soit pas synonyme de reprise épidémique. Plusieurs mesures seraient à l'étude. On parlerait ainsi, selon des informations de la DH, d'un couvre-feu à 20 heures. Mais il serait également question de limiter la fréquentation des terrasses en imposant un nombre maximum de personnes par table (probablement jusqu'à six personnes).

Des informations auxquelles plusieurs experts ont d'ores et déjà réagi dans les médias. "La seule chose qui compte, c’est peut-être ce que l’on fait en fin de repas", a commenté au micro de la RTBF Frédérique Jacobs, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Erasme. "Et par rapport à cela, il me paraît essentiel de responsabiliser les gens. Si on ouvre les terrasses, ça ne signifie pas, faites la fête avec tout le monde. Par contre, si on ferme à 20 heures, vous limitez fortement la possibilité pour les restaurateurs d’avoir des clients. Cette option ne semble pas une bonne idée."

Un avis auquel a fait écho le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem dans les colonnes de la DH. "20 heures, c'est trop tôt, cela ne me paraîtrait pas aberrant que l'Horeca et les bars ferment à minuit", a précisé l'infectiologue.

"Un carrefour très important de l'épidémie"

Interrogé sur les ondes de la Première, Emmanuel André a refusé de statuer si oui ou non il était précoce de rouvrir les terrasses à la date du 8 mai. "Aujourd'hui, la descente ne s'est pas encore enclenchée et on ne sait pas si elle va arriver rapidement", a toutefois expliqué le virologue de la KULeuven. L'ancien porte-parole interfédéral a ainsi rappelé que nous nous trouvions encore en plein milieu d'une pandémie et que "toutes les portes de sortie n'étaient pas encore ouvertes". "D'ici vendredi, la situation dans les soins intensifs n'aura pas fondamentalement changé", a-t-il ajouté. "On est dans un équilibre fragile. Il faut trouver la juste fenêtre entre les besoins sociétaux mais aussi entre la réalité de la pandémie toujours présente."

Pour sa part, Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre, a estimé que nous nous trouvions à "un carrefour très important de l'épidémie" et qu'il fallait mettre en place une autre stratégie vis-à-vis de la reprise de l'activité des secteurs à l'arrêt. "Il est temps de définir une façon de vivre qui soit plus tenable", a-t-elle argué. "Il faut définir une façon de faire de la culture en Belgique qui est tenable pour les trois ans qui viennent. Il faut une réflexion différente de rouvrir ou pas. C'est plutôt vivre avec le virus, en limitant le risque."