La Fondation, qui a été confrontée à 1.062 nouveaux dossiers de disparitions malgré les mesures sanitaires restrictives qui étaient en vigueur à la suite de l'épidémie de coronavirus, lance mardi un nouvel outil de prévention autour du sexting destiné aux professionnels. En 2020, Child Focus a traité 2.205 nouveaux dossiers d'exploitation sexuelle, contre 1.501 en 2019, soit une augmentation de 47%. Le nombre de dossiers concernant la sécurité en ligne a augmenté de 54%, passant de 267 à 411. Dans le domaine des disparitions de mineurs, l'organisation a traité 1.062 nouveaux dossiers, soit une baisse de 16% par rapport à 2019 (1.261).

L'organisation affirme que de nombreux enfants et jeunes ont été victimes de violences intrafamiliales en raison du confinement. Les enfants ne pouvant pas sortir de chez eux, Child Focus a constaté une forte diminution du nombre de dossiers de fugues. Le nombre de dossiers d'enlèvements parentaux internationaux a également diminué à la suite des fermetures des frontières.

En 2020, le temps d'écran des mineurs a augmenté de manière significative, les exposant potentiellement à davantage de risques en ligne. Ceci s'est clairement fait sentir dans l'augmentation du nombre de dossiers d'atteinte à l'intégrité sexuelle de mineurs, précise la Fondation. Sur l'ensemble de l'année, les cas de sexting problématique traités ont augmenté de 38%, les cas de sextorsion de 84% et de grooming de 71%. "Au cours des deux périodes de confinement, nous avons constaté une explosion des chiffres, notamment les cas de grooming qui nous ont été signalés ont triplé", écrit Child Focus.

L'organisation lance mardi la plateforme éducative www.sextoooh.be autour du sexting et des stéréotypes de genre, destinée aux professionnels travaillant avec des jeunes. L'outil donne accès à des méthodes interactives et amusantes pour réfléchir avec les jeunes à la manière dont les comportements ou les attentes stéréotypés liés au genre jouent un rôle dans leur façon de voir ou de traiter les sextos. Child Focus appelle les enseignants, les travailleurs du secteur de la jeunesse et les superviseurs à intégrer cet outil à leur travail.