Comme tous les vendredis, les experts font le point sur la situation épidémique belge. La tendance à la baisse observée ces derniers jours semble se confirmer. Le nombre moyen d'infections au coronavirus s'élevait à 1.813 par jour entre le 9 et le 15 février, soit une baisse de 12% par rapport à la semaine précédente. Le nombre de personnes hospitalisées a également diminué de près de 4%.

Steven Van Gucht a pris la parole en premier. " Les taux d'infection, les admissions à l'hôpital et les décès ont de nouveau diminué sur une base hebdomadaire, mais le nombre de patients en soins intensifs ne semble plus diminuer" , a-t-il déclaré. " Les chiffres de ces derniers jours indiquent que nous pouvons nous attendre à une nouvelle augmentation dans quelques jours. Ainsi, la phase de plateau dans notre pays se poursuit" .

"Nous devons maintenant faire preuve de patience et de persévérance pour nous en tenir aux mesures. C'est difficile, mais tenez bon. La patience sera payante ", assure-t-il.

Yves Van Laethem a confirmé cette crainte, mais se montre prudent. "Une petite augmentation du nombre de nouvelles infections fait que nous pourrions, je dis bien nous pourrions, c'est du conditionnel, avoir une légère augmentation du nombre de cas dans les jours qui viennent ". Il a également tenu à rappeler le contexte dans lequel nous nous trouvons : les écoles et magasins sont ouverts, certains métiers de contacts ont pu rouvrir, tandis que nous évoluons toujours dans une situation hivernale dont on sait qu'elle est plus propice à la transmission des virus que lors des beaux jours. " Ceci est un contexte dans lequel les résultats que nous avons actuellement sont pour le moins positifs" .

© Sciensano

Le porte-parole interfédéral a par ailleurs pu annoncer une bonne nouvelle, puisque le nombre de nouveaux cas diminue actuellement dans toutes les provinces du pays, excepté à Bruxelles et dans la province du Luxembourg, où le nombre de cas a augmenté très légèrement, d'environ 1%. C'est en Flandre Orientale, à Anvers et à Bruxelles que le nombre absolu de nouveaux cas est le plus élevé.

Le point sur les variants

Yves Van Laethem a également fait le point sur la présence des variants sur le territoire belge. Près de 37,4% des cas détectés en Belgique sont liés au variant britannique, soit “un gros tiers des cas". Pour le variant sud-africain, il ne s’agit que de 4,6% des cas détectés. “Cela montre une légère augmentation par rapport à la semaine précédente, mais une augmentation qui est moindre que celle que l’on a pu craindre”, explique l’expert.

"Le variant brésilien vient d'être détecté sur notre territoire, en faible quantité", a ajouté l'expert. A ce jour, seuls 8 cas ont été reconnus.


Premiers effets de la vaccination

Les hospitalisations ont également diminué. Cette diminution est essentiellement liée au fait qu'il y ai moins d'admissions liées aux résidents de maisons de repos. "En décembre, 18% des patients qui étaient admis à l'hôpital venaient des maisons de repos et de soins", déclare Yves Van Laethem. Ce chiffre ne s'élève plus maintenant qu'à 8,5%.

"Ceci est probablement un premier signe montrant l'impact de la vaccination dans les maisons de repos, qui ont été les premières couvertes".


Malgré le ralentissement de la vaccination lors de la dernière semaine, 378 000 citoyens ont été vaccinés et 230 000 personnes ont déjà pu recevoir la deuxième dose. "Nous avons une couverture de 17% des plus de 80 ans qui ont reçu une première vaccination et de 14% qui ont reçu une deuxième vaccination", annonce Yves Van Laethem. 


La situation gloable s'améliore d'ailleurs en maison de repos. "Tous les facteurs, qu'il s'agisse des contaminations, des clusters, des décès, des hospitalisations, tout va dans le bon sens". 

Le vaccin AstraZeneca

Yves Van Laethem a également pris le temps de faire le point sur le troisième vaccin disponible en Belgique, celui d'AstraZeneca. "Il y a eu beaucoup de bruit, beaucoup de discussions et beaucoup d'informations entachées d'erreurs concernant ce vaccin", explique l'expert, prenant l'exemple de l'Afrique du Sud. Les autorités du pays avaient en effet annoncé arrêter la vaccination avec ce vaccin. "Rien n'indique par contre, en Afrique du Sud aussi, que cette vaccination ne protège pas contre les formes graves. Or, la protection contre les formes graves est cruciale. C'est elle qui nous intéresse en santé publique", explique-t-il. 


L'expert est également revenu sur les craintes concernant la tranche d'âge à laquelle est administré ce vaccin. En Belgique, seules les personnes de 18 à 55 ans pourront se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca. "Ceci ne signifie que ce vaccin ne fonctionne pas ou pose des problèmes dans les tranches d'âges plus âgées, mais simplement que les données sont limitées ou absentes dans les tranches d'âges en question. Nous attendons des données supplémentaires pour ces tranches d'âges". Celles-ci devraient bientôt arriver, grâce à la vaccination au Royaume-Uni. L'OMS a déclaré, la semaine passée, que ce vaccin était adéquat même pour les personnes de plus de 65 ans. 

La position de la Belgique pourrait donc évoluer. "Dès que des données complémentaires seront disponibles, nous reverrons notre position", précise Yves Van Laethem.