Si les contaminations continuent d'augmenter, la hausse semble ralentir quelque peu. Ces deux derniers jours, elle était de l'ordre de 41%, puis de 37% jeudi. Cela pourrait confirmer une tendance à la stabilisation d'ici quelques jours comme l'espérait Steven Van Gucht.

C'est d'ailleurs lui qui a pris la parole pour commencer cette conférence de presse. "Encore une fois, nous sommes dans une phase difficile de cette pandémie" a-t-il commencé. "Tous les chiffres continuent d'augmenter. Nous atteignons des niveaux jamais vus depuis la deuxième vague. Ce qui signifie que nous entrons maintenant clairement dans une autre phase difficile de cette pandémie. Avec de nouveaux efforts à fournir pour enrayer une troisième vague."

Le virologue comprend la lassitude de la population. "Cette situation est difficile et nous sommes tous fatigués" déplore-t-il. Avant d'être ensuite plus optimiste. "Mais je crois vraiment que si nous battons cette vague, nous aurons le pire derrière nous. Le vaccin et le printemps sont en vue. Maintenant, le secteur de la santé compte toujours sur l'aide de la population. Nous devons  prendre soin de notre système de santé.. Ils comptent sur nous pour que nous ralentissions les infections."

Yves Van Laethem a également affirmé que le ralentissement du taux de contaminations était une priorité absolue. "Dans les semaines qui viennent, il faut que les soins de santé pour ceux atteints du Covid, bien sûr, mais également pour les autres, soient ouverts pour tout le monde."

Trois scénarios sur la table

Afin d'étayer son propos, Steve Van Gucht s'est muni de trois schémas calculés par des scientifiques de l'Université de Hasselt. Il démontre l'importance du respect des règles sanitaires mises en place par le gouvernement à partir de ce samedi afin de maîtriser une situation délicate.

Pour ce premier scénario, les Belges continuent de vivre selon les règles établies avant le dernier Comité de concertation. Soit des règles moins strictes. Selon ce schéma, les tendances se poursuivraient de façon inquiétante. "Dans ce scénario, il y a de fortes chances que nous dépassions le seuil des 1 000 lits occupés en soins intensifs."

© Capture d'écran conférence de presse

Dans le second scénario, l'étude se calque sur les chiffres d'une population qui se comporte comme la période du 19 au 25 octobre dernier. "À l'époque, les mesures que nous appliquions étaient similaires à ce qui nous attend à partir de samedi. Dans ce graphique, nous observons qu'il existe de très fortes chances pour que nous restions en dessous des 1 000 lits. Voire même 800 si tout se déroule comme prévu."

© Capture d'écran conférence de presse

Enfin, le troisième scénario est un intermédiaire dans lequel la population applique les mesures avec un peu moins de précautions. "Il est environ 30% plus souple que le second", précise Steve Van Gucht. "Même dans ce cas, il y a de fortes chances que nous ayons encore besoin de plus de 1 000 lits de soins intensifs."

© Capture d'écran conférence de presse

Cette démonstration a pour but de donner une idée à la population des impacts significatifs que peuvent avoir les mesures. "Cela nous montre à quel point de petits changements de comportement, qui peuvent sembler inoffensifs pour chacun de nous, peuvent avoir un impact majeur sur la pression exercée sur les hôpitaux. Par conséquent, nous devons faire des efforts. Ensemble, nous sortirons de cette crise. Le vaccin permettra bientôt de nous aider."

Au niveau du nombre des infections, le porte-parole interfédéral a expliqué qu'elles augmentaient toujours, mais de manière moins forte chaque jour. Une bonne nouvelle même si ce chiffre est à nuancer. "Comme dit précédemment, les chiffres continuent d'augmenter. Mais heureusement, nous voyons que le pourcentage de l'augmentation est en baisse au cours des quatre derniers jours. Il y a quatre jours, les chiffres augmentaient encore de 42%, maintenant il est de plus 32%. Mais ils sont toujours en hausse si l'on se réfère à la semaine précédente."


Le variant sud-africain perd du terrain

Le variant britannique est toujours celui qui pose le plus de problèmes dans notre pays. 76% des infections ont été causées par ce variant. "Le variant britannique est ainsi devenu encore plus dominant" , explique Yves Van Laethem. "Le variant sud-africain perd légèrement du terrain, avec 5,3% des infections. Tandis que le variant brésilien a encore augmenté avec 3,1%." Sans réelle surprise, ce sont les adolescents et les jeunes où le taux d'infection est le plus élevé. "L'augmentation la moins prononcée se situe chez les plus de 80 ans (6%). La plus importante se situe chez les enfants et adolescents avec une hausse de 42%" , confirme Yves Van Laethem.



Pour ce qui est de la vaccination, 54% des personnes de plus de 85 ans ont désormais reçu au moins une dose du vaccin. En tout, 1 096 000 Belges ou 9,5% de la population ont reçu une première dose du vaccin. 4% ont déjà reçu une seconde dose. Yves Van Laethem a également tenu à apporter une précision. "Il est important de continuer à suivre les mesures, même si vous avez été vacciné", affirme le virologue. "Vous ne risquez plus de complications ou de maladies graves. Mais il n'est pas exclu que vous soyez porteur du virus. Ce qui signifie que vous pouvez toujours infecter les autres sans vous en apercevoir. Tant que l'entièreté du groupe à risque n'est pas vacciné, il faut continuer de porter un masque et rester à une distance suffisante des autres personnes. Suivez également les règles concernant la quarantaine ou l'isolement."