Beaucoup de questions se posent après l'annonce des visites possibles dans les homes.

L'annonce de Sophie Wilmès ce mercredi soir a fait grand bruit. Alors que la Première Ministre prolongeait le confinement jusqu'au 3 mai, elle a aussi décidé de redonner espoir à certaines personnes ayant un membre de sa famille en maison de repos. Le Conseil national de sécurité (CNS) a en effet autorisé les visites au sein des homes "pour une seule personne, toujours la même, qui ne présente aucun symptôme de la maladie depuis deux semaines."

Mais cette annonce a aussi amené plusieurs questions sur la gestion de ces visites pour limiter au maximum la propagation du virus. Myriam, fille d'une dame de 93 ans présente dans un home bruxellois, a réfléchi à la situation. Une idée a germé des discussions avec son mari médecin. "Nous avons proposé de faire une sorte d'isoloir", explique Myriam. "Il suffirait de mettre un plexiglas qui sépare le côté visiteur de la famille et le côté des résidents pour qu'il n'y ait pas de contacts. Ces isoloirs pourraient prendre place à l'accueil des maisons de repos ou même devant les bâtiments pour éviter au maximum les contacts. Dans le home de ma maman par exemple, il y a un sas d'entrée qui pourrait être utilisé."

Pour que cette idée prenne forme, plusieurs choses doivent être pensées comme la création d'un agenda pour éviter les visites des familles au même moment. "Il faudra peut-être mettre en place une tournante, avec des visites un jour sur deux ou un jour sur trois", explique Myriam. "Le problème est que si on nous laisse aller dans leur chambre, on prend des risques en montant dans l'ascenseur même si on utilise des gants et si on se lave les mains. On met les résidents en danger. Avec un isoloir fermé grâce à du plexiglas, le risque est plus faible."

Pour cela, la désinfection de cette zone devra être une problématique à prendre en compte. "C'est un gros problème", continue cette Bruxelloise. "Il faut trouver une solution pour désinfecter l'isoloir. Il y a peut-être une pénurie de gel mais cela sera aussi problématique même si on ne créé pas ces isoloirs. Il faudra aussi que certains acceptent de faire du bénévolat en allant faire quelques achats pour la construction de ces isoloirs. Mais la situation est de toute façon à l'arrêt pour beaucoup de personnes. Moi-même je suis au chômage technique. Les familles concernées qui ont le temps seront heureuses de participer à cela."

Si Myriam avance cette idée, c'est aussi pour soulager le personnel des homes qui pourrait être dépassé par la situation. "Les résidences doivent être dans un état catastrophique et n'ont peut-être pas le temps de réfléchir à des solutions", avance-t-elle. Il faut faire en sorte de trouver une solution en dernière minute avec les moyens du bord, rapidement. Les homes ne seront pas prêts lundi. Les soignants vont être de plus en plus testés, le nombre de cas positifs pourrait augmenté et de plus en plus de personnel pourrait donc être écarté. Si les soignants qui restent doivent commencer à vérifier toutes les personnes qui rentrent dans le home, cela va être le chaos total. Pour les résidents, ce qui a été annoncé est très positif. Je me suis sentie rassurée car c'est un vrai plus pour les personnes âgées. Mais il faut agir car pour les homes, cela pourrait aggraver la situation..."

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