Ce vendredi soir, pour beaucoup de couples, soirée romantique en tête à tête et petites attentions seront de mise. Mais comment se déroule cette journée particulière de la Saint-Valentin pour les résidents des maisons de repos, qu’ils soient célibataires ou en couple ?

De plus en plus de maisons de repos, notamment à Bruxelles, proposent à leurs résidents de fêter la Saint-Valentin. À seulement quelques pas du parc des Étangs à Anderlecht, les employés de la Maison de repos et de soins Trèfles s’affairent pour préparer cette journée de Saint-Valentin, si spéciale pour les pensionnaires. Mais compte tenu de la vie de chacun, il faut toutefois être attentif à ne pas heurter qui que ce soit en ce 14 février. "C’est une fête pour les amoureux, mais bien souvent en maison de repos, il y a peu de couples. Beaucoup de nos pensionnaires sont ici parce qu’ils sont isolés, malades ou que leur conjoint est malheureusement décédé. Donc c’est quelque chose qu’on essaye de fêter avec discrétion parce que nous ne voulons pas heurter les personnes qui vivent mal la perte de leur proche", précise Cécile Eudier, directrice de la maison de repos.

Décorations, petites attentions et débat

De nombreuses maisons de repos auront teinté de rouge la décoration de leurs pièces de vie aujourd’hui. À la résidence Anais, située à Uccle, chaque résident a droit à sa rose en ce 14 février. D’autres établissements proposent quant à eux de rassembler les couples pour fêter l’amour. À Nerpeede, l'institut Alegria invite les conjoints des pensionnaires pour un repas de Saint-Valentin dans une salle intimiste et avec un menu spécialement créé pour l’occasion. Certaines résidences préfèrent quant à elles ne rien organiser pour le jour de la Saint-Valentin, un jour "comme un autre" pour les pensionnaires.

À la maison de repos Trèfles à Anderlecht, les décorations ont également été placées sous le signe du jour des amoureux, et un menu spécial a été concocté. "Lors du repas, chacun reçoit une rose assortie d’un compliment, personnalisé pour chaque pensionnaire. On essaye de donner une petite attention à chacun en mettant un petit peu de côté le fait qu’ils n’aient pas tous de conjoint", explique la directrice.

Au-delà des roses et des cœurs, certaines activités particulières ont également été organisées dans la résidence pour la Saint-Valentin. "Tous les vendredis, un groupe de débat est organisé. Aujourd’hui, le thème porte sur l’amour, l’affection, et peut-être même la vie sexuelle en maison de repos", détaille Cécile Eudier.

"Le but est que tout ce que l’on propose aujourd’hui ait un lien avec la Saint-Valentin mais que cela soit plus axé sur le sentiment, la tendresse, l’amour et non pas sur le fait que ça soit le jour des amoureux. En maison de repos, la Saint-Valentin peut être une journée très festive pour certains et très triste pour d’autres", continue-t-elle.

« Même si on est seul, la Saint-Valentin fait rêver »

Pour Yvette, 73 ans, et son mari Marcel, qui soufflera ses 104 bougies cette année, le 14 février est un jour important. "C’est essentiel de fêter la Saint-valentin, même en maison de repos. Qu’on soit veuf ou divorcé, ce jour-là permet d’évoquer des souvenirs. Même si on est seul, la Saint-Valentin fait rêver. Recevoir des fleurs par exemple, c’est une belle attention. Même si vous n’avez pas la chance d’être avec quelqu’un, vous ressentez que vous n’êtes pas seul", explique Yvette.

© Quentin Mahoudeau

Pour les deux conjoints, qui se connaissent depuis 1971 mais qui ne sont en couple que depuis 2003, les Saint-Valentin ont été nombreuses, et les façons de les fêter, variées. "Quand on avait encore la possibilité de voyager, on partait à chaque fois dans une grande ville. Venise, Barcelone, Rome, on a voyagé dans presque un quart du monde ensemble", énonce l’énergique résidente.

"À partir du moment où ce n’était plus possible pour mon mari de voyager, on allait juste voir un spectacle et manger un bout au restaurant. Mais maintenant, c’est devenu trop compliqué. Mais on fête tout de même la Saint-Valentin en ouvrant une bouteille ici-même, à la maison de repos. Une bouteille sans alcool !", conclut-elle en riant.