“Si on ne peut pas se serrer les mains, serrons-nous les coudes”. Ce message a circulé un peu partout sur les réseaux sociaux depuis que le Conseil national de Sécurité a instauré, jeudi 12 mars, des mesures sanitaires strictes.

Une situation qui a suscité de nombreuses réactions comme la ruée vers les supermarchés mais aussi le confinement d’une partie de la population alors que les contacts physiques sont de plus en plus restreints.

C’est justement sur base de ce constat qu’est né le groupe “Solidarité Bruxelles Coronavirus”, créé le vendredi 13 mars par 6 femmes et qui rassemble aujourd’hui près de 8 000 personnes, principalement des Bruxellois.

Les initiatives solidaires qu’on y retrouvent sont nombreuses, comme la proposition d’activités pour les enfants ou des services pour promener les animaux de compagnie. Des flyers sont également à disposition du groupe pour qu'ils puissent être imprimés et déposés dans les boites aux lettres du voisinage et ainsi maintenir une communication avec les personnes absentes des réseaux sociaux. "La fracture numérique ne doit pas être un frein. Et la barrière des langues non plus, c'est pourquoi nos flyers sont imprimés en plusieurs langues. On rappelle également les mesures sanitaires à suivre aux personnes dans différentes langues pour s'assurer que le message soit bien passé", explique Ihssan, une des administratrices.

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Les membres du groupe souhaitent également communiquer avec les personnes âgées dans des maisons de repos ou encore les détenus, en leur envoyant des lettres et des dessins. “Nous tentons de voir ce qui est envisageable avec les directions des maisons de repos et des prisons sans alourdir le travail du personnel ”, précise une des administratrices de Solidarité Bruxelles.

"On a l’impression d’être bloqué dans un système de consommation alors qu’on peut faire les choses nous-mêmes

Parmi les actions de solidarité qui feront parler d'elles, la confection de masques en tissu. Une opération rondement menée par quelques bénévoles, surtout des femmes qui ont fondé un groupe sur Facebook spécialement pour l'occasion.

En constatant la pénurie de masques, nous nous sommes dit qu’il fallait agir. On a l’impression d’être bloqué dans un système de consommation alors qu’on peut faire les choses nous-mêmes”, explique l’une d’entre elle qui réclame toutefois des consignes ou ou au moins des conseils spécifiques de la part du SPF Santé Publique. “Nous nous basons sur des tutoriels vus sur internet pour fabriquer nos masques mais nous aimerions qu’ils soient utilisables et aux normes”, explique cette bénévole.

Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé Publique, nous assurait en début de journée ce lundi que des spécialistes cherchaient des solutions à communiquer aux bénévoles. En fin de journée ce lundi, le SPF Santé Publique a finalement annoncé “qu’il diffusera prochainement un modèle permettant aux personnes compétentes en couture de confectionner elles-mêmes leurs propres masques de protection”.

"Puisque nous pensons qu'il est important que cela se fasse de manière responsable, nous avons consulté des experts. Nous allons publier un modèle basé sur leurs directives, qui sera distribué dès que possible."

Le SPF Santé indique également avoir constaté de nombreuses offres de citoyens désireux de livrer des masques chirurgicaux (FFP2, FFP3) aux hôpitaux locaux afin d'aider le personnel soignant. "C'est une bonne démonstration de solidarité", estime Jan Eyckmans. "Cela démontre également que de plus en plus de gens comprennent la gravité de la situation."

Une excellente nouvelle selon le groupe “Solidarité Bruxelles Coronavirus” qui estime que l’élan de solidarité pourra se concrétiser et espère régler le manque de masques.

“Make some noise for solidarity”

Quand on n’est pas habitué à rester chez soi, il est difficile de trouver comment s’occuper sans tomber dans la déprime puisque les sorties sont limitées. Compliqué aussi de passer du temps avec sa famille ou ses voisins. En Italie et en Espagne, les citoyens confinés chez eux ont occupé les fenêtres et les balcons pour animer les rues de chants en tout genre. Hymne national ou chant traditionnel, tout ou presque était fredonné, parfois en solo, parfois en groupe. Ce mardi, les Belges feront pareil.

Au son de leurs voix, à l’aide d’instruments ou d’ustensiles comme des casseroles en tapant des mains ou en agitant un message sur un carton ou un drap blanc, les citoyens sont invités à montrer qu’ils sont là.

L’initiative est aussi née sur les réseaux sociaux sous le groupe “Make some noise for solidarity”

Rendez-vous pris ce soir aux quatre coins du pays, dès 19H donc, pour faire du bruit et redonner un peu de vie aux rues de plus en plus vidées par la crise sanitaire que traverse la planète entière.