C'est le constat avancé par le groupe d'universitaires et chercheurs (de l'université d'Anvers et du centre de recherche VITO) "Think Tank Vaccine Distribution", détaillé lundi dans un article posté par l'université d'Anvers sur son blog "Business and Economics". Le groupe a examiné deux scénarios de chaîne de distribution de vaccins, et a estimé pour chacun d'eux le risque potentiel de "pertes" de doses de vaccin. Le premier s'appuie sur des dizaines de centres hospitaliers, où sont livrés les vaccins et qui les reconditionnent (dégel, etc.) pour envoi vers le lieu de la vaccination. C'est ce que la Belgique met en place. Le second scénario fait l'hypothèse d'un seul point de livraison central, sans passage par les hôpitaux.

Au plus il y a d'étapes et d'intervenants dans la chaîne, au plus il y a un risque de "perdre" des doses, que ce soit via une erreur de stockage, une mauvaise manipulation ou autre. Le groupe de chercheurs estime la perte potentielle à 3% des doses, contre 2% dans l'autre scénario: "une différence de 190.000 doses de vaccin".

Il y a également une différence en termes de personnes employées pour les démarches administratives et la manipulation des vaccins. Les calculs des auteurs, Ruben Guisson et Annelies De Meyer (VITO), et Roel Gevaers et Wouter Dewulf (UAntwerpen), résultent en une estimation que 140 membres du personnel hospitalier seraient nécessaires à temps plein pour ces tâches. Du personnel spécialisé de distribution pharma pourrait quant à lui manipuler en moyenne deux fois plus de doses par jour dans un hub central, tout en libérant le personnel hospitalier pour des tâches purement hospitalières, affirment-ils.