Ce mardi 14 avril, les autorités ont encore une fois annoncé les nouveaux cas, hospitalisations et décès journaliers en Belgique. Après avoir fait le bilan, les experts ont pris le temps d'analyser et d'interpréter ces nouvelles données.

Les chiffres quotidiens sont une dure confrontation avec la réalité mais ils continuent à avancer dans une même et encourageante direction. "Le nombre d’hospitalisations est certes un signe d'espoir, mais nous devons rester prudent", insiste Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise.

Ce dernier demande également de laisser les analyses des chiffres aux experts qui vont continuer à conseiller les autorités. "Pour le moment, nous devons tenir bon. Nos comportements déterminent la courbe, et non le contraire. Il serait irresponsable d’interpréter nous-mêmes les chiffres et d'agir tous de manière différente en fonction de nos interprétations personnelles. La courbe diminue, mais nous savons tous qu'elle peut rapidement remonter."

Benoît Ramacker a profité de la conférence de presse du jour pour remercier les nombreuses personnes qui, volontairement, aident et rendent supportables les mesures de restrictions pour les plus vulnérables. "Des milliers de personnes, de toutes générations, s'engagent chaque jour pour aider les autres. De telles actions procurent à notre société la force nécessaire et construisent la résilience nécessaire pour sortir ensemble de cette crise".

Après avoir annoncé qu'ils ne s'attarderaient pas sur les chiffres présentés ce mardi, Steven Van Gucht et Emmanuel André ont répondu à plusieurs questions.

La proportion de décès dans les maisons de repos en Flandre est plus élevée que celle dans les maisons de repos à Bruxelles et en Wallonie. Pourquoi?

"Nous pensons qu'il est encore trop tôt pour tirer des tendances et des conclusions. Le système de rapportage des maisons de repos peut prendre du temps. Il peut donc y avoir un certain décalage", expliquent les experts. "Il faut aussi prendre en considération que, parmi ces personnes décédées, toutes n'ont pas pu bénéficier d'un test qui affirme une infection à coronavirus. Il faut donc regarder ces chiffres avec prudence."

Le CHU de Liège a validé un test sérologique rapide. Est-il prévu d'utiliser ce type de test dans la stratégie de sortie du confinement ?

"Les tests sérologiques permettent de détecter la présence d'un grand nombre d'anticorps qui peuvent apparaître après une infection au coronavirus. C'est une information importante", a répondu Emmanuel André. "Il est prévu en Belgique de déployer ce type de test après avoir validé les différentes techniques qui sont aujourd’hui disponibles. Nous sommes en train de passer en revue ces différents tests pour trouver les plus appropriés. Il y aura ensuite un déploiement progressif de ces tests en Belgique dans les prochaines semaines. Toujours en se demandant qui sont les personnes qui doivent bénéficier de ces tests en priorité, car 11 millions de personnes ne pourront pas être testées du jour au lendemain."

En France, en Italie et en Espagne, on affirme qu'on a atteint un "plateau". Est-ce le cas en Belgique?

"Pour les hospitalisations en Belgique, nous n'observons pas un plateau mais une diminution lente qui a l'air de se confirmer", a précisé le virologue. "Cette diminution, nous nous attendons à ce qu'elle soit maintenue si nous continuons à coordonner nos efforts pour limiter la transmission du virus." Combien de temps va durer cette diminution? "C'est l'avenir qui nous le dira, mais c'est surtout notre rigueur quotidienne dans le respect des règles qui va influencer cette tendance."

Sommes-nous loin de la saturation des hôpitaux en Belgique ?

"En Belgique, nous avons traversé une période extrêmement intense. Il y a encore beaucoup de personnes hospitalisées, parfois aux soins intensifs. Elles nécessitent des soins extrêmement lourds", a assuré Emmanuel André. "Nous avons, à ce jour, toujours pu éviter la surcharge des hôpitaux. Non seulement en augmentant la capacité de lits de soins intensifs, mais aussi grâce à toutes les mesures prises pour éviter que de grands groupes de personnes soient infectés au même moment. Il faut garder à l’esprit que, si nous relâchons nos efforts aujourd'hui, alors que nos hôpitaux sont déjà très chargés, inévitablement nous nous retrouverons dans une situation comme en Italie ou en Espagne."