La Belgique est touchée par une forte reprise de l'épidémie depuis quelques semaines. Cette recrudescence a poussé le gouvernement à adopter de nouvelles mesures sanitaires plus strictes, en vigueur depuis ce samedi 25 juillet.

Frédérique Jacobs, responsable de la Clinique des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital Erasme, a présenté les derniers chiffres. Le nombre de nouvelles infections et hospitalisations continue d'augmenter.

La semaine passée, 371 personnes ont été infectées par jour, faisant un total de 2594 nouveaux cas enregistrés en 7 jours. Depuis la semaine dernière, 1000 cas de plus ont été comptabilisés en une semaine, correspondant à une hausse de 62% . Il s'agit d'une moyenne nationale, la propagation du virus est différente en fonction des régions.

Lundi, dernier jour pour lequel Sciensano dispose de données consolidées, 566 cas de Covid-19 ont été diagnostiqués. Entre le 21 et le 27 juillet, le nombre de cas enregistrés s'élève à 2.594, contre 1.598 la semaine précédente. Le nombre d'infections en Belgique s'élève désormais à 68.006 au total.

Concernant les hospitalisations, en moyenne, 24 nouveaux patients Covid-19 ont été admis par jour au cours de la semaine écoulée. Actuellement, 267 patients sont hospitalisés, dont 42 en soins intensifs.

Environ 3 décès par jour ont été déplorés la semaine dernière. Sciensano fait part d'une moyenne de 2,7 décès par jour, en baisse de 10% sur une semaine.


"Il va falloir que l'on tienne bon"

L'experte a insisté sur les efforts collectifs à mettre en oeuvre dans la lutte contre le virus. "Malgré les mesures que l’on prend, on va voir que les courbes vont continuer à augmenter car il faut effectivement quelques semaines pour voir l’effet des nouvelles mesures. Il va falloir que l’on tienne bon pour voir une amélioration", a-t-elle déclaré, en rappelant que les contaminations pouvaient avoir lieu lors des rassemblements, et lorsque les mesures barrières ne sont pas maintenues.


"Nous insistons donc pour que vous limitiez, malgré le beau temps, les rassemblements à dix personnes et que vous mainteniez les mesures barrières", a martelé l'experte.

Bien que les jeunes soient moins sujets à la maladie, Mme Jacobs a précisé que des cas de symptômes sévères ont été rapportés chez des patients jeunes. "Le virus ne fait pas de différence entre l'origine, l'âge, ou la religion de chacun. Tout le monde est concerné", a rappelé la porte parole interfédérale.


Antoine Iseux a ensuite pris la parole, en évoquant le fait que la tendance à la hausse du nombre de cas que l'on observe actuellement allait se poursuivre dans les jours à venir. "Il ne faut pas pour autant se démotiver", a déclaré le représentant du Centre national de crise, qui a affirmé que nos efforts communs se verraient d'ici deux semaines.

"Il faudra continuer à limiter nos interactions sociales proches pour éviter une nouvelle envolée des courbes dans les semaines à venir", a-t-il martelé, malgré les beaux jours qui s'annoncent et le début des soldes ce samedi 1er août. Il est d'autant plus important de respecter les mesures de sécurité lors de son shopping, a insisté Antoine Iseux.


Le centre de crise a présenté une simulation graphique réalisée par les universités d'Anvers et d'Hasselt, qui montre les effets positifs de la nouvelle bulle sociale réduite à 5 personnes, toujours les mêmes jusqu'à la fin de l'année, sur la courbe des admissions à l'hôpital.

© D.R.


Les rendez-vous médicaux reportés

"On apprend ces derniers temps qu'un certain nombre de patients reportent leur rendez-vous à l’hôpital ou chez leur médecin traitant, par peur du Covid-19", a tenu à évoquer Fédérique Jacobs. L'experte a exhorté à ne pas le faire puisque toutes les mesures nécessaires sont prises pour éviter la contamination. "Ne retardez pas vos rendez-vous", s'est-elle exprimée.