Alors que les chiffres continuent de diminuer en Belgique, les experts se montrent extrêmement prudents. Craignant d'assister à un rebond épidémique coïncidant avec la fin des vacances d'hiver, plusieurs scientifiques ont mis en garde les Belges contre des conclusions trop hâtives au sujet des tendances actuelles. Certes les indicateurs sont à la baisse, mais cela ne veut pas forcément dire que le virus circule moins dans la société. Comme l'a détaillé l'infectiologue Erika Vlieghe, il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer cette baisse des contaminations pendant les vacances. L'"effet week-end", par exemple, a pu avoir un impact, puisqu'il induit que moins de Belges se soumettent à un test. "Les gens sont restés chez eux, n'allaient pas travailler et il était plus difficile de se faire tester chez un médecin", a à son tour estimé Dirk Devroey auprès de l'agence Belga. 

Selon le doyen de la faculté de médecine de la VUB, les chiffres ne vont pas tarder à grimper à nouveau. "Rien que si l'on pense aux gens qui reviennent de vacances, on peut déjà imaginer l'impact que cela aura sur les indicateurs dans quelques jours", a-t-il ajouté. Une hausse qui inquiète particulièrement M. Devroey au vu de la pression à laquelle sont encore soumis la plupart des hôpitaux.

C'est pourquoi il espère que la Belgique "ne reproduira pas la même erreur qu'à la fin du mois de septembre", moment auquel des assouplissements ont été actés alors que l'épidémie reprenait de plus belle. "La croissance exponentielle doit être ralentie dès le départ, mais je crains qu'il soit déjà un peu trop tard", a commenté le professeur de médecine générale auprès de l'agence Belga. Il est primordial, pour Dirk Devroey, que le Comité de concertation de ce vendredi 8 janvier ne relâche pas la bride à un moment crucial comme celui que nous vivons. Au contraire, l'expert semble favorable à ce que des mesures plus drastiques soient adoptées, telles que la fermeture des frontières qu'il justifie par le nombre galopant d'infections au Covid-19 dans les communes frontalières. 

Pour se préparer malgré tout à la possible arrivée d'une troisième vague, le professeur a plaidé à son tour pour une vaccination prioritaire du personnel soignant. Son appel fait écho à une carte blanche publiée ce mardi matin (notamment dans La Libre) dans laquelle des professionnels de la santé demandent au ministre Vandenbroucke de donner la priorité absolue aux soignants pour la vaccination. L'immunologue Hans-Willem Snoeck (Université de Colombia) a également soutenu cette carte blanche, ajoutant qu'il "fallait partir du principe que la Belgique ferait face à une troisième vague".