Les universités de (UGent) et de Liège (ULiège) ont pourtant formé six chiens pour détecter les personnes infectées. Cependant, le manque de cadre juridique pour l'utilisation des animaux et le fait que la méthode canine ne soit pas plus efficace que les tests rapides ont poussé la Task Force à abandonner l'idée. Les chercheurs se disent déçus.

Un programme de recherche avait été lancé début mars 2020 dans les deux universités afin de déterminer si les chiens étaient capables de détecter les personnes infectées à l'odeur de leur sueur. En novembre, le gouvernement fédéral avait fourni un budget permettant aux chercheurs de collecter des échantillons de patients atteints de Covid-19. Les sujets ont porté des boules de coton à l'aine et sous l'aisselle pendant 30 minutes, après quoi ces échantillons ont été utilisés pour entraîner les chiens. Cette méthode de test avait un véritable potentiel notamment pour une application éventuelle dans les aéroports ou les événements de grande envergure.

Le ministère de la Défense, les pompiers, la police fédérale et la protection civile ont fourni des chiens de recherche qui avaient déjà été formés pour d'autres tâches. Après 10 semaines d'expérimentation, les animaux n'ont enregistré que 2% de faux positifs et 19% de faux négatifs. Les résultats étaient prometteurs et, lorsque les fonds ont été épuisés, la formation des six chiens (un épagneul springer, un border collie et quatre malinois) a été poursuivie par des bénévoles.

Les chiens se sont améliorés après un entraînement supplémentaire et sont également capables de détecter les variants du Covid-19 (sud-africain, britannique et indien). La vaccination ne les a pas non plus induits en erreur, les animaux ont pu différencier les échantillons des personnes infectées et des personnes récemment vaccinées et ce, peu importe le vaccin.

Bien que les chercheurs considèrent qu'il s'agit d'un succès scientifique, la Task Force considère que la méthode canine a peu de valeur ajoutée par rapport aux tests rapides existants. En effet, pour permettre la détection par les chiens, les personnes testées doivent garder une boule de coton sous leur aisselle pendant 10 minutes, soit le temps nécessaire pour réaliser un test rapide. Il existe toutefois un avantage financier puisque les tests rapides coûtent 8 euros l'unité alors qu'un chien renifleur peut analyser des centaines d'échantillons en peu de temps sans coût supplémentaire que celui du salaire du maitre-chien.

Les chiens formés jusqu'ici ont, de surcroit, d'autres tâches et il serait trop long de former des animaux supplémentaires. Il n'existe pas non plus, à l'heure actuelle, de cadre juridique pour le déploiement de "chiens de détection médicale".

Pour la Task Force Testing, cela rend donc impossible leur déploiement. Toutefois, les chercheurs ont élaboré un protocole et consulteront l'Organisme belge d'Accréditation (BELAC) dans un futur proche en vue d'une future utilisation potentielle.