La Wallonie interdira dès demain/mercredi et jusqu'au 31 mars les visites dans les 602 maisons de repos du sud du pays et les sorties de leurs résidents, "sauf pour des cas exceptionnels", afin de protéger les personnes âgées du coronavirus, a annoncé mardi soir la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale (PS), au terme d'une rencontre avec les cinq gouverneurs de province wallons.

"La circulaire - qui concerne également les centres d'accueil pour personnes handicapées, NDLR - sera envoyée demain/mercredi matin. C'est une décision difficile mais qui a été recommandée par différents acteurs impliqués dans la crise, dont notamment l'AVIQ, Sciensano, les médecins coordinateurs et les médecins généralistes. On ne veut pas que le virus entre dans les maisons de repos", a précisé la ministre.

Parallèlement, "nous allons demander aux équipes en place dans ces établissements de faire preuve de la plus grande humanité et de mettre tout en œuvre pour que les personnes puissent continuer à communiquer avec leurs proches par téléphone, Skype ou encore par vidéo-conférences organisées", a ajouté Christie Morreale.

Dans la soirée, la Région bruxelloise et la Flandre ont elles aussi adopté des mesures complémentaires pour protéger leurs aînés, le nord du pays ayant notamment décidé de limiter les heures de visite et de les interdire au moins de 16 ans. Une interdiction totale des visites pour les adultes n'y est toutefois pas encore à l'ordre du jour.

"Nous devons prendre des précautions mais ne pas faire preuve de suractivité", a pour sa part souligné le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS). "Nous allons travailler avec discernement et tenter, en collaboration avec les gouverneurs qui disposent d'un pouvoir d'injonction, d'implémenter du mieux possible les mesures prises ce mardi midi lors de la réunion du comité national de sécurité", dont la recommandation d'interdire tous les rassemblements de plus de 1.000 personnes dans les lieux fermés, a-t-il poursuivi. Un modèle d'arrêté pour les cinq provinces wallonnes sera ainsi défini dans les jours à venir.

Une campagne de sensibilisation du grand public est par ailleurs en cours de finalisation tandis que de nouvelles rencontres seront prochainement programmées avec le secteur infirmier et paramédical pour faire le point sur la situation.

"Notre objectif, c'est de retarder au maximum la propagation du virus. Nous savons qu'il y aura un pic mais nous voulons que ce pic soit le plus bas possible", a conclu Elio Di Rupo.