Au vu des chiffres en constante hausse de la cybercriminalité, "on peut facilement imaginer que la crise du coronavirus est favorable aux pirates informatiques. L'activité est surtout intense auprès des sociétés. Les employés sont en effet en majorité en télétravail, à la maison. Le problème, c'est que leur propre environnement numérique n'est souvent pas aussi bien protégé que sur leur lieu de travail", explique M. Bogaert.

Outre les connexions moins sécurisées, notamment via des points wifi vulnérables, l'utilisation des ordinateurs, désormais destinés au travail, par les enfants des télétravailleurs ainsi que l'oubli fréquent de mise à jour des antivirus à domicile sont autant d'éléments qui facilitent l'activité des malfaiteurs.

De plus, les hackers se documentent constamment grâce à une série de flux d'informations accessibles concernant les sociétés, comme les bilan financiers en ligne par exemple, et les personnes qui y travaillent, via les réseaux sociaux.

La fédération des assureurs Assuralia s'accorde aussi, de son côté, à dire que la branche d'assurance pour la cybercriminalité est "en croissance accélérée du fait du coronavirus", explique son porte-parole Wauthier Robyns. Toutefois, certains assureurs restent frileux à l'idée de se lancer dans le secteur car ils sont souvent moins bien équipés et que la cybercriminalité grandissante représente un risque plus élevé et plus difficile à appréhender pour les courtiers.

Pour contrer les attaques en hausse par mails ou SMS de hameçonnage ("phishing", dans lesquels des escrocs se font passer pour une banque ou un opérateur télécom, par exemple, afin de s'emparer de données privées), le Centre pour la cybersécurité Belgique (CCB) ne cesse de prodiguer des conseils aux citoyens depuis le début de la crise liée à l'épidémie de Covid-19.

Dernier en date, le centre faisait état de plusieurs cas de faux messages au nom du Conseil national de sécurité. Ceux-ci indiquaient que le CNS avait décidé d'accorder une compensation financière aux citoyens et leur proposait de cliquer sur des liens frauduleux d'inscription en ligne.

Le CCB rappelle qu'en cas de messages suspects, les citoyens peuvent les envoyer à suspect@safeonweb.be avant de les supprimer.

Les chiffres de 2019 de la police fédérale, publiés récemment, affichaient déjà une nette hausse de la cybercriminalité, de 29,2% par rapport à 2018, avec 32.943 cas de "criminalité informatique", soit des atteintes à la sécurité d'un système informatique ou à l'intégrité des données stockées dans un tel système. La star des cybercrimes est le phishing.