Coup d’envoi de “la stratégie de testing 2.0”, selon l’expression de Frank Vandenbroucke (Vooruit, ex-SP.A). Le ministre de la Santé et les responsables du commissariat corona, qui conseille le gouvernement fédéral dans la lutte contre la pandémie, ont annoncé ce lundi après-midi que des autotests pour le Covid-19 seront disponibles en pharmacie à partir du 6 avril.

Cette nouvelle stratégie de testing s’organise autour de “trois lignes de défense”, a développé Carole Schirvel, la commissaire corona adjointe. Première ligne : les tests PCR classiques, colonne vertébrale du testing depuis le début de la pandémie. “Ces tests restent les plus sensibles et les plus fiables”, et vivement recommandés en cas de suspicion de Covid chez un individu.

Deuxième ligne : le dépistage répétitif (deux fois par semaine) dans les milieux professionnels. “Cette ligne de défense a déjà commencé la semaine dernière”, a rappelé Mme Schirvel. Les entreprises sont invitées à demander aux autorités fédérales des tests antigéniques rapides pour leur personnel qui ne peut pas télétravailler. Un stock fédéral est prévu pour cela, à la fois pour le secteur privé (tests disponibles gratuitement jusqu’au 1er mai) et le secteur public. 50 000 tests ont déjà été demandés la semaine passée. À terme, 150 000 seront disponibles par semaine. Ces tests sont encadrés par la médecine du travail.

La nouveauté, c’est la troisième ligne de défense, les autotests, disponibles dès le 6 avril en pharmacie pour toute personne qui en fait la demande. Il s’agit également de tests antigéniques rapides, mais dont le prélèvement se fait de manière autonome par la personne qui effectue le test et le résultat connu tout de suite. Le prix à l’unité reste à définir, mais il oscillera entre 5 et 10 euros. Le coût ne sera que d’1 euro (pour maximum deux tests par semaine) pour les bénéficiaires d’une intervention majorée (BIM) de la sécurité sociale.

Des tests de courtoisie

Il existe plusieurs sortes d’autotest, mais, pour le moment, un seul distributeur a reçu l’agrément des autorités fédérales. Le test se fait via un prélèvement par écouvillon dans les narines (toutefois moins invasif que le prélèvement nasal profond effectué par un professionnel de la santé). Le test salivaire n’est pas un autotest puisque le prélèvement de la salive doit faire l’objet d’un test PCR en laboratoire.

Le résultat de l’autotest antigénique rapide est connu dans les 15 minutes, contre 4 à 6 heures pour le test PCR. Il est toutefois moins fiable. Si le résultat est positif, il devra être confirmé par un test PCR dans un second temps. L’autotest sert surtout à détecter les personnes hautement infectieuses. L’idée, a expliqué le ministre Vandenbroucke, est d’effectuer le test “par courtoisie” afin d’éviter qu’une personne en contamine d’autres en cas d’activité en groupe. Par exemple, pour accompagner une personne âgée dans un centre de vaccination, ou lorsque les bulles de contacts sociaux seront à nouveau élargies.