Il s'agit d'une hausse de 30% enregistrée entre le 1er février et le 19 août 2020. Cette hausse est liée, selon Unia, aux mesures sanitaires mises en place pour lutter contre la pandémie de coronavirus. La crise a alimenté une méfiance mutuelle parmi la population, remarque l'organisation.

"Nous constatons une forte tendance à culpabiliser ou à désigner des boucs émissaires", indique le directeur de l'institution, Patrick Charlier. Il ajoute: "Cette crise est inédite. Elle a fait ressortir le meilleur de certains d'entre nous. Mais la peur a aussi poussé certaines personnes à pointer du doigt et à se méfier de groupes de la population, comme les personnes d'origine asiatique, les jeunes, les personnes âgées, les personnes d'origine étrangère en général, sans raison évidente ou preuve tangible. Les gens aspirent à un fort désir de sécurité au dépens parfois de la solidarité entre les individus."

Unia demande aux personnes et aux autorités de combattre toute forme de stigmatisation et de discrimination. "Nous demandons également à la police et aux services de sécurité privés d'utiliser les contrôles avec parcimonie et de manière uniforme et non discriminatoire afin de ne pas polariser davantage une société qui souffre déjà assez."

L'institution demande par ailleurs aux gouvernements de prendre des mesures "réellement nécessaires et proportionnées", sans impact négatif sur les groupes les plus vulnérables. "Les mesures pour lutter contre la propagation du virus ont été prises très rapidement, mais sans toujours prendre en compte les besoins de ces groupes", estime Unia.

L'institution évoque notamment l'impact dramatique des mesures sur les personnes handicapées, mais aussi sur les familles qui ne disposaient pas de l'équipement numérique nécessaire pour suivre un enseignement à distance, sur les plus de 65 ans qui ne pouvaient plus voir leurs petits-enfants et sur les couples dont les partenaires vivent dans des pays différents.

Des personnes ont également fait appel à Unia pour se plaindre de mesures "hétéronormatives", c'est-à-dire adaptées aux familles hétérosexuelles. Un couple homosexuel s'est ainsi vu dire par la police de garder ses distances en marchant, et les parents célibataires n'ont pas été autorisés à aller faire du shopping avec leur enfant. "Le gouvernement est de plus en plus enclin à prendre des mesures générales drastiques qui pèsent plus pour certaines personnes que pour d'autres. Il doit être possible de faire les choses différemment", selon l'institution.