Emmanuel André avait expliqué faire un pas de côté ce vendredi 24 avril.

L'ancien porte-parole interfédéral pour la lutte contre le coronavirus a été nommé coordinateur du tracing belge, selon des informations de nos confrères de la RTBF. Le tracing fait partie des piliers sur lesquels la Belgique a choisi de s'appuyer pour son déconfinement. Un projet de loi portant sur le développement d'une application visant à suivre les personnes positives au covid-19 sera examiné dans les jours à venir à la Chambre. L'objectif est d'être prêt pour le début de la première phase de levée des restrictions.

Je suis très vigilant à ce qui se passe et au système qu’on met en place pour s’assurer qu’on ne tombe pas dans le panneau d’une grosse deuxième vague (de l’épidémie de covid-19, NDLR), nous confie-t-il, et qu’on se donne tous les outils pour suivre la situation de la façon la plus rapprochée possible, qu’on puisse faire en sorte qu’on puisse réagir très très vite. C’est donc toute la logique des testing et du tracing”.

Et de poursuivre: “Le virus, même s’il est présent en quantité nettement moindre, n’a pas disparu de la Belgique. Le choix de rouvrir la société, qui est nécessaire, est inévitablement lié à un plus grand risque de propagation du virus. On sait que ça va se passer, donc on sait aussi comment on peut se préparer pour que ça n’arrive pas ou que les conséquences soient limitées. C’est cela aussi la logique du tracing. C’est-à-dire: quand il y a un nouveau cas, va-t-on se permettre que ce nouveau cas devienne une grande chaîne de transmission avec des dizaines, des centaines, des milliers de personnes qui sont infectées par la suite ou va-t-on ‘sauter’ sur ce premier cas le plus vite possible et s’inquiéter du statut de chacune des personnes que ce premier cas a croisées les derniers jours pour éviter que ça devienne des grandes chaînes de transmission incontrôlables qui impliquent toute une série de personnes qui vont devoir être hospitalisées ainsi qu’un certain nombre de décès?”

Pour Emmanuel André, “le grand défi, c’est que l’on va pouvoir mettre ces outils en place, mais comment notre société va-t-elle accepter d’entrer dans cette démarche, qui est une démarche de santé publique, mais qui va nécessiter l’adhésion de chacun. Il s’agira donc de trouver l’équilibre entre respecter les valeurs de notre société et répondre à l’urgence de la crise, en utilisant les outils qu’on s’autorise. Et dans notre pays et en Europe, on autorise beaucoup de choses à partir du moment où les gens sont d’accord. De nouveau, il va falloir toucher les gens et leur expliquer quelle est la balance entre ce que l’on va devoir faire et ce qu’on peut faire, ce qu’on ne doit pas faire, etc. Ce n’est pas parce qu’une solution technologique existe que les gens vont y adhérer. Il faudra donc faire tout ce travail-là. C’est le prochain défi”.

Emmanuel André est également membre de la task-force chargée de l'Exit Strategy. C'est sur la base des recommandations de ce groupe d'experts qu'a mis au point le Conseil national de sécurité la stratégie de déconfinement présentée par Sophie Wilmès ce vendredi 24 avril.

Le virologue avait annoncé, à ce même moment, vouloir "faire un pas de côté". Il avait choisi de mettre un terme à ses fonctions de porte-parole interfédéral, souhaitant passer du temps avec sa famille tout en restant impliqué dans ses autres fonctions.