La discussion, instiguée par le Vlaams Belang et la N-VA, vise à répondre aux interrogations qui demeurent après les échauffourées de ce samedi et à trouver des pistes de solution. Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem, est actuellement largement pointé du doigt pour sa gestion de cet événement. Björn Anseeuw (N-VA) a notamment reproché au ministre d'avoir manqué de prévoyance quant à l'afflux de touristes à la Côte. "Nous avons tiré la sonnette d'alarme, a expliqué le député nationaliste. Pourquoi n'avez-vous pas vu cela venir ? Pourquoi avez-vous laissé les choses suivre leur cours ? Vous n'avez rien fait et avez gardé un silence assourdissant. Vous nous laissez étouffer sur la Côte."

De son côté, le PS a appelé Pieter De Crem (CD&V) à sanctionner la violence dans toutes ses formes. "Condamnez la bagarre. Condamnez aussi la gestion disproportionnée, condamnez la violence, mais aussi celle des propos tenus par les forces de l’ordre qui avouent faire du délit de faciès !", a demandé Hervé Rigot (PS). Le député socialiste a estimé qu'il n'était pas concevable que tous les touristes d'un jour se retrouvent punis pour les agissements d'un groupe. "Dire à ceux qui ont un frigobox et qui viennent une journée à la mer, qu’ils ne sont pas les bienvenus: on ne peut pas laisser faire", a fustigé à la Chambre Rigot.

Pieter De Crem a quant à lui balayé les allégations quant à un manque d'agents fédéraux dans les stations balnéaires. "Il n'y a jamais eu une aussi forte présence policière à la Côte que cet été", a déclaré le ministre. Il a vivement dénoncé la violce à l'égard des forces de l'ordre. "Tout comme toute personne veillant à la sécurité des citoyens, ils méritent tout notre respect, a-t-il rappelé. Il n'y a aucune excuse ou explication quant à des violences à l'égard d'agents de police."

Plutôt que d'interdire aux touristes d'un jour de profiter des plus populaires stations de la Côte, comme l'a décidé Leopold Lippens à Knokke-Heist, le ministre est favorable à l'imposition, administrative ou judiciaire, d'"interdictions de lieu" aux personnes identifiées comme fauteurs de troubles. "Je vais prendre des mesures pour qu'une interdiction de lieu puisse être décrétée pour toute la Côte", a-t-il annoncé aux députés, "et si nécessaire aussi pour les domaines récréatifs". Interrogé par Belga, le ministre détaille son idée, espérant pouvoir "rapidement" la concrétiser à travers une "initiative législative": que l'on impose une interdiction de lieu aux personnes condamnées, ainsi qu'à ceux qui ont reçu une amende administrative pour non-respect des règles, interdiction de lieu qui vaudrait temporairement à des périodes spécifiques, comme les week-ends de vague de chaleur ou la saison touristique. Elle pourrait être contrôlée dans la commune de domicile de la personnes contrôlée, par exemple via une autorisation de se signaler aux autorités.

"On ne peut punir les nombreuses personnes qui ont le droit de se déplacer vers la Côte pour les agissements d'une vingtaine, ou un peu plus, de trouble-fêtes", réagit-il. C'est pour cela entre autres qu'il s'est opposé à une éventuelle fermeture des gares plaidée durant le week-end par certains bourgmestres, explique-t-il.