Un transformateur néerlandais et des dizaines d’entreprises soupçonnés de fraude.

Ce n’est pas le premier scandale qui frappe le secteur de la viande. Veviba est assurément l’exemple le plus frappant depuis la tromperie consistant à utiliser de la viande de cheval dans les plats préparés. Cette fois, c’est le bio qui est dans la ligne de mire des enquêteurs.

Selon des documents émanant d’un organisme de surveillance, un transformateur de viande néerlandais s’est livré à une vaste fraude consistant à faire passer de la viande conventionnelle pour de la bio. De nombreux marchés étaient approvisionnés par l’indélicat, y compris la Belgique. Et des dizaines d’autres entreprises sont également soupçonnées.

Selon la chaîne néerlandaise RTL, cette fraude a rapporté des centaines de milliers d’euros à l’entreprise de transformation de viande. L’information est d’autant plus fiable et inquiétante qu’elle émane de deux rapports rédigés par l’organisme de surveillance Skal Biocontrole et l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation couvrant la période de 2015 à 2018.

Concrètement , un de ces rapports montre que de la viande conventionnelle provenant d’une transformation de viande du Brabant a été vendue en tant que viande biologique aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Les premiers constats de fraude datent déjà de 2015. Bœuf haché et saucisses de porc sont principalement visés. On ignore cependant quelle quantité de viande a été revendue comme bio alors qu’elle ne l’était pas, mais les enquêtes avancent un "bénéfice considérable" réalisé par l’entreprise incriminée.

Pour l’heure, le transformateur de viande n’a pas été inquiété et n’est d’ailleurs jamais passé devant le tribunal. C’est dire s’il a eu tout loisir de multiplier les fraudes.

Selon l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation, la raison en est une pénurie de main-d’œuvre et de ressources en matière d’enquêtes criminelles sur la fraude alimentaire. La priorité est en effet donnée aux cas où la sécurité alimentaire est en jeu.

De son côté, le patron de l’entreprise pointée du doigt dans ces deux enquêtes nie bien évidemment toute fraude. Mais ce n’est pas tout. Au total, 58 cas de fausses déclarations et 10 cas de fraude plus grave sont soupçonnés. Il s’agit d’aliments qui sont vendus comme produits biologiques, mais qui ne répondent pas aux exigences strictes en matière de bien-être animal et d’environnement.

S’il ne réalise encore qu’un chiffre d’affaires marginal, le secteur du bio a le vent en poupe et connaît une forte croissance d’année en année.

On risque dès lors bien de voir les cas de fraude se multiplier prochainement.