Le défilé national du 21 juillet de l’an dernier avait été un temps très fort pour les « anciens » de la Seconde Guerre mondiale. A l’occasion du 75e anniversaire de la libération de la Belgique, un certain nombre de survivants avaient déjà été mis particulièrement à l’honneur par une rencontre directe avec le roi Philippe sur la place des Palais.

On devait en toute logique parachever cet hommage lors de la Fête nationale de cette année, celle-ci s’inscrivant de fait dans le cadre du 75e anniversaire, cette fois, de la fin du deuxième conflit mondial. La crise sanitaire mondiale en a décidé autrement et c’est pourquoi le passage du flambeau de la mémoire entre les acteurs d’hier encore en vie et la génération montante n’a pu se faire comme prévu. Mais les organisateurs, du Palais royal à la Chancellerie du Premier ministre en passant par la Défense, ont quand même voulu mettre en exergue ce moment essentiel. Il l’était d’autant plus que trois quarts de siècle après la fin du conflit, les témoins se font de plus en plus rares.

L’idée était donc de procéder au relais de l’engagement citoyen de mémoire dès combattants encore présents à la jeunesse, porteuse de l’avenir mais aussi de la transmission des valeurs défendues face aux extrêmes qui entendaient mettre l’Europe et le monde sous la botte dictatoriale. Un message d’autant plus actuel et contemporain que l’on doit faire face à une nouvelle montée des périls nourrie par des forces populistes radicales sur presque tous les continents…

D’où la présence sur la place des Palais d’une colonne de véhicules de la Brigade Piron, entendez : les soldats belges qui ont vaincu l’Allemagne nazie avec les troupes alliées.

Mais il fallait ponctuer aussi ce souvenir d’un acte fort intergénérationnel, à savoir la remise d’une charte invitant la jeunesse à poursuivre à sa manière le combat contre les extrêmes.

Pour ce faire, les organisateurs de la cérémonie ont fait appel à trois personnalités qui tant d’années après sont encore et toujours prêtes à s’engager. En l’occurrence, le comte Henri d’Oultremont pour la Brigade Piron, le baron Ludo de Vleeschauwer pour la section belge de la Royal Navy et Thierry Coppieters 't Wallant au nom de la Fédération nationale des Volontaires de guerre qui se sont adressés respectivement en français, en allemand et en néerlandais à trois représentants de la jeunesse pour les inviter à poursuivre leurs propres idéaux de liberté, de démocratie et de justice.

Sans conteste, un moment fort qui d’une certaine manière a rapproché les générations…

Un geste important aussi auquel tenait de toute évidence le roi Philippe qui à diverses occasions s’est engagé lui aussi sans compter pour la transmission de la mémoire…

© Défense/Malek Azoug