Ils ont à nouveau mis en évidence de nombreux manquements dans la gestion de la crise du coronavirus. "Dire que l'on ne savait rien en mars, c'est tout à fait faux", a lancé Yves Coppieters. "Mes collèges experts avaient déjà alerté dès le 4 mars sur le fait que le coronavirus tuait 5 fois plus que la grippe saisonnière et que l'âge était un facteur de risque important. Mais on a observé peu de réactions des responsables politiques et des personnes qui les conseillaient. Elles n'étaient pas convaincues, malgré les éléments qui arrivaient de Chine et ce que l'on pouvait observer en Italie. (...) Il n'y a eu aucune instruction pour les retours de congés de carnaval."

Selon l'infectiologue, il est nécessaire de "revoir le suivi épidémiologique des maladies infectieuses". "On s'est concentré sur des indicateurs hospitaliers, alors qu'il faut surtout suivre l'incidence (les nouveaux cas dans la population). Cette situation est l'une des causes qui nous ont menés droit au confinement." M. Coppieters a une nouvelle fois pointé l'absence de diversité dans les disciplines représentées dans les experts officiels et dénoncé l'absence d'un "chef de file" dans la coordination.

"Certains députés voudraient ne parler que de ce qui relève du fédéral", a renchéri Leïla Belkhir. "Or, en santé, tout est imbriqué". L'infectiologue est revenue sur le plan pandémie créé en 2006 et qui n'a pas été activé. "Les personnes qui ont établi ce plan n'ont pas été recontactées et ce groupe n'a pas été remis en place." Elle a aussi critiqué la pénurie de matériel et l'absence de communication en dehors de canaux classiques que sont la radio ou la télévision.

Floor Lams a de son côté pointé à nouveau le manque de coordination, notamment avec les Régions, suggérant de "créer un organe d'étude chargé d'évaluer la gestion d'une crise".

Mise au point d'Yves Coppieters

L'épidémiologiste a profité de la présence des médias pour clarifier ses propos au sujet des "conflits d'intérêts". Yves Coppieters précise que les collaborations entre entitées publiques et privées étaient tout à fait nécessaire et que son propos se focalisait en réalité sur les caffouillages du printemps concernant les laboratoires privés et académiques susceptibles de réaliser des tests Covid.

La prochaine séance de la commission aura lieu le 18 septembre avec une audition de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).