Au micro de Thomas Gadisseux et François Heureux, Delphine de Saxe-Cobourg est revenue sur ses sept années de combat judiciaire pour obtenir la reconnaissance de paternité de la part d'Albert II. 

Elle s'est d'abord dit soulagée, et très heureuse de la situation actuelle : " J'ai connu une variété de sentiments au cours des années, mais aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir le droit d'exister, pas d'exister dans la famille royale, mais d'exister pour moi-même".

Elle se félicite également d'avoir obtenu gain de cause en justice: "Je sens que j'ai pris le bon chemin en appelant la justice et le droit à l'aide. C'était la chose juste à faire". Et de poursuivre: "La justice m'a dit que j'avais raison, que j'avais le droit d'être reconnue. C'est un grand apaisement car le système judiciaire a dit que j'étais juste et que j'avais le droit d'exister".

Depuis sa reconnaissance officielle, la nouvelle princesse n'a reçu aucun signal de la part de son père ou de ses frères et sœur, le roi Philippe, le prince Laurent et la princesse Astrid. Elle n'a d'ailleurs pas eu de contact avec son père depuis 2001. "Je n'attends plus rien", a-t-elle dit, tout en regrettant que l'histoire n'ait pu se régler en famille. "J'ai essayé de régler le problème derrière les murs, en secret, pendant des années", a-t-elle insisté. Mais "j'étais un mouton noir, c'était désagréable et invivable" d'où la procédure judiciaire pour obtenir enfin une reconnaissance officielle.

Concernant un éventuel pardon à son père, Delphine a déclaré avoir "besoin d'un peu guérir, j'ai besoin de temps".


Elle a également estimé que le dévoilement de l'affaire en 1999, alors que Philippe se dessinait plus concrètement comme le successeur de son père, a été instrumentalisé par des opposants à la monarchie belge. "Lorsque Philippe et Mathilde ont annoncé qu'ils allaient se marier, ceux qui étaient contre la famille royale sont venus me chercher", a-t-elle dit, soulignant que son existence n'était pas vraiment un secret, même si personne n'en parlait.

Son combat judiciaire, elle le mène également pour d'autres enfants nés hors mariage et en attente de reconnaissance. "Mon combat est qu'on ne pointe pas l'enfant. L'enfant n'a pas demandé à être né, il n'est pas différent", a insisté Delphine de Saxe-Cobourg. "C'est triste que cette affaire ait existé, des enfants nés hors mariage ça arrive tout le temps et c'est terrible qu'elle ait été stigmatisée parce que cela se produisait dans un milieu qui ne l'accepte pas", a ajouté Me Marc Uyttendaele, avocat de la nouvelle princesse de Belgique. "Je reçois encore des mails d'une violence inouïe la qualifiant de bâtarde et ça, c'est inacceptable", a-t-il déploré. L'avocat a également précisé qu'il n'était pas question d'une éventuelle dotation royale pour sa cliente, car elle n'assume pas de rôle de représentation de la Belgique et ne compte pas arrêter de travailler. La princesse a expliqué avoir demandé qu'on lui accorde le titre d'altesse royale afin d'être "le plus proche possible de l'égalité" avec ses frères et sa sœur.