"Nous avons opté pour une approche prudente", a d'emblée annoncé Alexander De Croo, ce mercredi 14 avril, au terme d'un houleux Comité de concertation. Mais les précautions prises par les autorités pour un déconfinement par étapes ne semblent pas convaincre les experts qui ont fait part de leur inquiétude ces dernières heures. "Nous sommes très soucieux de voir que des assouplissements vont avoir lieu avec ces chiffres", a commenté Dirk Devroey, professeur de médecine générale (VUB), auprès de HLN. "Je suis vraiment préoccupé par ces assouplissements qui pourraient juste alimenter la troisième vague."


Même son de cloche du côté de la présidente du GEMS, Erika Vlieghe. L'infectiologue (UAntwerpen) a, pour sa part, ciblé deux mesures qui l'inquiètent tout particulièrement, rejoignant son confrère, Marc Van Ranst (KULeuven): la levée de l'interdiction des voyages non-essentiels et le passage de la bulle intérieure de 1 à 2. "Pour les voyages, il sera extrêmement important de surveiller si les personnes revenant d'une zone rouge respectent la quarantaine", a-t-elle mis en garde. "Nous savons par expérience que c'est ainsi que les contaminations augmentent et que les nouveaux variants débarquent. (....) Pour ce qui est de la bulle, le fait qu'on aura le droit de voir une personne en plus à l'intérieur est un peu en contradiction avec l'accent mis sur les activités de plein air."

"Un message important"

Mais elle n'en est pas moins restée optimiste, jugeant que tout dépendra du comportement des Belges. Ce que son confrère, Steven Van Gucht, a confirmé auprès de HLN. "Le Premier ministre a mis un accent très fort sur la vaccination, et à juste titre, mais les mesures restent extrêmement importantes", a estimé le virologue de Sciensano. "Si les règles ne sont pas correctement suivies, la courbe ne baissera pas et nous risquons de rester coincés sur un plateau. C'est un message important: le vaccin nous aidera de plus en plus, mais dans les semaines à venir, cette aide sera encore très limitée."

Le porte-parole interfédéral a salué le choix des autorités de conditionner les assouplissements du 8 mai à une amélioration de la situation dans les hôpitaux. "Pour le moment, presque tous les lits Covid aux soins intensifs sont occupés et il est important de diminuer cette occupation dans les semaines à venir", a-t-il ajouté. S'il a regretté que le Codeco n'ait pas fixé de seuil clair à atteindre, il a toutefois compris que des objectifs chiffrés apporteraient davantage d'incertitude quant à la réouverture de secteurs à l'arrêt depuis bien longtemps.