La situation reste au beau fixe en Belgique. Tous les indicateurs continuent leur baisse. Toutefois, les chiffres publiés par Sciensano, ce lundi 10 mai, semblent légèrement se démarquer de ceux observés depuis plus d'une semaine. En effet, on observe un ralentissement dans la diminution du nombre de contaminations. Plus encore, deux provinces voient même leurs contaminations augmenter: il s'agit d'Anvers (+2%) et de Liège (+7%). S'il n'y a actuellement pas lieu de s'inquiéter selon les experts, il faut tout de même rester très vigilant. Surtout au vu des assouplissements qui se suivent de façon assez proche, les restaurants ayant partiellement rouvert samedi et les élèves de l'enseignement officiel ayant repris les cours en présentiel ce lundi. "Nous sommes sur la corde raide", a commenté le professeur Dirk Devroey (VUB) dans Het Nieuwsblad. "En ce moment, nous avons un équilibre très fragile, où les avantages que nous procure la campagne de vaccination sont annulés par tous ces assouplissements."

© Sciensano


Si actuellement les contaminations continuent de baisser sur l'ensemble du pays, les experts n'ont pas exclu qu'elles puissent repartir à la hausse. Le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KULeuven) a estimé qu'il était impossible de prédire quel effet aurait la réouverture des terrasses sur les chiffres épidémiologiques, mais a toutefois mis en garde contre une idée reçue. "Nous devons nous débarrasser du mythe selon lequel rien n'est dangereux à l'extérieur", a alerté le scientifique, soutenu par Dirk Devroey. "Les risques d'infection y sont plus faibles qu'à l'intérieur, c'est vrai, mais si vous restez proches les uns des autres pendant longtemps, vous pouvez tout aussi bien être infectés à l'extérieur." 

"Nous connaissons ce scénario"  

Mais le biostatisticien a avoué à HLN ne pas se faire de souci, étant donné que d'importants indicateurs comme le taux de positivité et les admissions à l'hôpital restaient à la baisse. Il n'a également pas écarté la possibilité d'atteindre le seuil des 500 lits en soins intensifs pour le mois de juin. "Mais il faut tout de même faire attention à ne pas penser que tout est possible une fois qu'on a atteint ce seuil", a-t-il continué. "Ce n'est pas un nombre que nous voulons garder très longtemps, car cela représente tout de même une pression encore importante sur le système de santé."

De son côté, Marc Van Ranst s'est montré très prudent au sujet de futurs assouplissements. "Nous connaissons ce scénario", a ironisé le virologue auprès de Het Nieuwsblad. "Dès que les chiffres baissent, on assiste à une surenchère. Ensuite, il faut se montrer plus prudent. Rien n'est garanti."