Une proposition de loi PS veut permettre aux pharmaciens d’appliquer le tiers payant.

La contraception d’urgence, gratuite depuis 2019 pour toutes les femmes, augmente chaque année. La ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD), avait débloqué 1 million d’euros pour assurer la gratuité des contraceptifs d’urgence. En 2018, environ 15 000 pilules du lendemain (des marques Levodonna, Norlevo, Postinor ou Ellaone) ont été délivrées en moyenne par mois. Soit 180 000 conditionnements par an . Pourtant, selon les données de l’Inami, moins de 1 000 pilules du lendemain sont délivrées via le mécanisme du tiers payant dans les pharmacies - c’est-à-dire que la femme ne doit pas avancer le montant pris en charge par la mutuelle.

Un frein pour de nombreuses personnes

C’est proportionnellement très peu. Le groupe PS, qui avait bataillé pour la gratuité pour la contraception d’urgence, veut aller un pas plus loin dans l’accessibilité financière de la pilule du lendemain pour éviter, au maximum, les grossesses non désirées. Eliane Tillieux a présenté mardi, en commission de la Santé, une proposition de loi visant à autoriser les pharmaciens à appliquer le tiers payant pour la contraception d’urgence.

"Actuellement, les femmes peuvent déjà se procurer la pilule du lendemain sans ordonnance, expose la députée PS. Mais elles doivent la payer dans la pharmacie et transmettre ensuite l’attestation à leur mutualité pour être remboursées." Ces contraceptifs d’urgence coûtent autour de 10 € pour une pilule qui agit dans les trois jours, et autour de 25 € pour les molécules qui agissent dans les cinq jours.

Cela constitue un frein pour de nombreuses personnes (des étudiantes, des femmes dépendant de leur époux…) qui font face à une situation financière difficile qui les pousse à renoncer à l’achat de médicaments ou à reporter les soins. Et dans le cas des contraceptifs d’urgence, cela peut aboutir à des grossesses non désirées et, ensuite, à des avortements.

"Cette proposition de loi s’inscrit dans notre credo : en améliorant l’accès à la contraception, on permet de diminuer le recours à l’interruption volontaire de grossesse", argumente Mme Tillieux. Le texte sera débattu en commission de la Santé dans deux semaines.