Les coiffeurs "soulagés"

La fédération professionnelle des coiffeurs, Febelhair, s'est quant à elle dite "soulagée" par la réouverture des salons, a fait savoir son représentant, Charles-Antoine Huybrechts. "Nous sommes extrêmement satisfaits par cette mesure", a-t-il affirmé vendredi à la suite du Comité de concertation. Les salons de coiffure pourront en effet rouvrir dès le 13 février prochain, a annoncé le Premier ministre Alexander De Croo lors d'une conférence de presse.

Une nouvelle accueillie comme un "soulagement" par le secteur de la coiffure qui n'a plus pu exercer depuis plusieurs mois.

"Nous sommes également satisfaits des mesures décrétées, que nous estimons réalistes afin d'exercer notre métier", a expliqué M. Huybrechts. "Une obligation de faire tester nos collaborateurs toutes les semaines nous était juste impossible".

"Nous sommes satisfaits de la décision du Premier ministre. La population belge attendait un signal clair de la part du gouvernement", conclut M. Huybrechts.

"Discriminatoire" de faire une différence entre métiers de contact, pour le SNI et l'UCM

Si le SNI et l'UCM se réjouissent de la réouverture des salons de coiffure le 13 février annoncée vendredi par le comité de concertation, ils estiment toutefois "discriminatoire" de faire une différence entre métiers de contact.

"Le fait que les esthéticiennes et les barbiers ne soient pas autorisés à ouvrir leurs salons est discriminatoire au sein du secteur. Cela ne fera que susciter davantage de ressentiment et de frustration alors qu'eux aussi sont prêts à rouvrir dans les meilleures conditions de sécurité", souligne le syndicat neutre des indépendants, qui regrette en outre qu'aucune perspective n'ait été annoncée pour les secteurs encore fermés.

"Cela devient totalement intenable pour eux maintenant. Donnons-leur de l'espoir en fixant des indicateurs concrets et en procédant à une réouverture progressive, comme par exemple en Italie pour l'horeca, sous certaines conditions. Avec un tel plan de redémarrage, ils sauront enfin aussi vers quoi aller", plaide le SNI.

"Nous avons enfin une date fixe pour la réouverture", se réjouit quant à elle Gwenaëlle Reaume, secrétaire de l'ASBL Tatouage Belgique, "mais la logique aurait voulu qu'on ouvre avant les coiffeurs, vu que notre métier implique qu'on a une formation à l'hygiène de base".

Réjouissance pour les agents immobiliers

"Le secteur est prêt à reprendre et nous nous en réjouissons", a commenté vendredi Charlotte De Thaye, directrice générale de la Fédération francophone des agents immobiliers (Federia) à la suite de la décision du Comité de concertation de permettre à nouveau aux agents immobiliers de pouvoir accompagner les visiteurs de biens à partir du 13 février. "Nous avions bon espoir de pouvoir à nouveau organiser les visites à la suite des échos que nous avions reçus il y a quinze jours. Nous aurions été déçus de ne pas pouvoir effectuer ces visites 'normalement'", a ajouté Mme De Thaye.

Jusqu'ici, les agents immobiliers étaient tenus de rester à l'extérieur des biens qu'ils faisaient visiter.

Les parcs animaliers "satisfaits" et "soulagés"

Les parcs animaliers du pays se disent soulagés de la réouverture des zones extérieures de ces parcs dès le 13 février prochain. "Nous sommes satisfaits. Les efforts des Belges ont permis d'assouplir des mesures pour notre secteur" et d'autres, se réjouit Claire Gilissen, porte-parole de Pairi Daiza. "Les autorités partagent notre position" sur le fait que Pairi Daiza offre la possibilité de balades en plein air sur des dizaines d'hectares, "dans un endroit sûr". "Le fait d'ouvrir réduira aussi de facto le risque de grands rassemblements à d'autres endroits du pays." L'affluence dans le parc de 75 hectares sera restreinte et les inscriptions et port du masque obligatoires, ajoute Claire Gilissen. Les activités comme le nourrissage n'auront, elles, pas lieu, pour éviter la formation de groupes. Par ailleurs, des stewards seront présents sur le site. "Nous prendrons nos responsabilités", assure le parc. "Nous sommes aussi soulagés", affirme la porte-parole, car les frais de fonctionnement du parc, visiteurs ou non, s'élèvent à 100.000 euros par jour. Le fait d'accueillir du public, même en nombre limité, pourra donc permettre "de réduire l'impact économique" de la crise.

Du côté des grottes de Han, on se dit "très heureux" de cette nouvelle et de "pouvoir offrir une bouffée d'oxygène à de nombreuses familles qui en ont bien besoin", indique la porte-parole. "On attend de pouvoir lire scrupuleusement l'arrêté ministériel pour voir quel protocole sanitaire il faudra appliquer et s'il faut mettre en place des quotas", comme ce fût le cas en mai 2020.

Le soulagement est partagé également par le zoo d'Anvers et celui de Planckendael, qui pourraient accueillir respectivement jusqu'à 3.000 et 7.000 visiteurs par jour. Le retour des visiteurs permettra à nouveau des revenus, alors que les coûts fixes d'entretien comme la nourriture et les soins restent élevés et nécessaires au quotidien.

Déception pour les cinémas

La Fédération des cinémas de Belgique (FCB) s'est dite quant à elle déçue qu'aucun assouplissement n'ait été annoncé pour le secteur culturel. "Nous mettons tous nos espoirs dans le prochain Codeco du 26 février", a réagi Thierry Laermans, secrétaire de la FCB, qui réclame des aides substantielles urgentes pour le secteur. "Tous les cinémas ont appliqué le protocole de sécurité à la lettre dans les salles et aucun foyer de coronavirus n'a été retracé après une visite au cinéma", souligne Thierry Laermans, contacté par Belga.

"Plus le temps passe et plus la nécessité de percevoir des aides urgences s'accroit", indique-t-il encore, regrettant qu'on n'ait pas tenu compte du besoin des citoyens de se détendre en allant au cinéma.

La Fédération des cinémas de Belgique place tous ses espoirs d'assouplissement des mesures pour le secteur dans le prochain comité de concertation du 26 février. "Nous espérons pouvoir rouvrir et profiter des vacances de Pâques", conclut Thierry Laermans.

De la "lassitude" du côté des centres culturels

"Plus que de la déception, c'est de la lassitude" que ressentent les centres culturels à l'issue du dernier Comité de concertation (Codeco), réagit vendredi soir Patricia Santoro, directrice de l'association des centres culturels. Contrairement à d'autres secteurs, aucune perspective n'a en effet été donnée au secteur culturel.

Le Premier ministre Alexander De Croo a bien annoncé qu'une feuille de route serait élaborée pour déterminer à partir de quels seuils des assouplissements peuvent intervenir, mais "cela reste trop flou", juge Mme Santoro. "Ça fait un an que cette crise sanitaire a commencé, pourquoi cette feuille de route n'existe-t-elle pas déjà?", s'interroge-t-elle. "Nous n'avons aucune perspective, c'est insuffisant", s'insurge-t-elle.

Pour la directrice de l'association qui représente 119 centres culturels reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles, chaque Codeco se suit et se ressemble, apportant son lot de déceptions. "Cela devient lassant que rien ne bouge. On attendait déjà des assouplissements pour les activités extérieures, y compris pour organiser des événements avec des jauges limitées, au dernier Codeco. On n'avait déjà rien et force est de constater que certains secteurs peuvent continuer à ouvrir, selon des conditions qui ne nous semblent pas moins dangereuses" que ce que les centres culturels demandent.

Patricia Santoro pointe aussi que le Premier ministre a justifié l'ouverture des métiers de contacts par l'importance des soins corporels pour le bien-être alors que pour elle, la culture est tout aussi importante pour la santé mentale. "Plus rien n'est autorisé et nous ne comprenons pas pourquoi alors que c'est de plus en plus difficile pour la santé mentale", dénonce-t-elle.

Même déception du côté des guides et médiateurs culturels, qui réclamaient l'autorisation des visites guidées en extérieur pour des groupes de 15 personnes maximum. Néanmoins, Marie-Eve Triers, présidente de l'association des Guides et médiateurs culturels de Belgique, n'est pas surprise. "On ne s'attendait pas vraiment à des assouplissements vu que le secteur culturel passe souvent après le reste. (...) C'est un choix politique que je déplore et qui a un impact sur les gens", estime-t-elle.

Elle ne comprend d'ailleurs pas pourquoi des visites ne peuvent se tenir à l'extérieur, moyennant des protocoles sanitaires stricts. "Lors des Journées du patrimoine en septembre, nous avons fait des visites à l'extérieur et cela n'a pas mené à des contaminations avérées. C'est démesuré de tout interdire", regrette-t-elle.