Exit le mantra "ferme mais humaine" répété à l’envi. Désormais, l’ambition est une politique "juste", qui entend mettre un point d’honneur au respect des droits de l’homme et des conventions internationales. L’heure n’est toutefois pas aux portes ouvertes : "Un juste équilibre doit être maintenu entre les droits et les obligations", précise le texte présenté par les sept partis.

Un plan d’urgence en cas de crise

L’ombre de l’ancien secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) et des nombreuses polémiques qui ont égrainé son mandat plane sur plusieurs points de cet accord. On peut ainsi lire que, désormais, les droits humains serviront de principe directeur aux rapatriements, répondant par là au scandale des ressortissants soudanais qui auraient subi des tortures à leur retour au pays. On apprend que le Parlement aura désormais un droit de regard sur les accords entre les pays. Sans grande surprise, il n’est pas question du retour des visites domiciliaires.

Autre point : les visas humanitaires. Ceux-ci resteront à la discrétion du secrétaire d’État ayant l’Asile dans ses attributions, mais il est question d’améliorer la transparence des procédures et d’en discuter au Parlement.

L’accord de gouvernement prévoit un audit approfondi des services chargés de l’asile et de la migration, à savoir le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, mais aussi l’Office des étrangers. Le texte évoque également la mise en place d’un plan d’urgence et d’une plus grande flexibilité du personnel pour faire face aux périodes de crise, comme la Belgique l’a connu en 2015 ou plus récemment avec la crise du coronavirus.

La réorganisation du réseau d’accueil trouve aussi une place dans l’accord de gouvernement. On parle, par exemple, de la création de places tampons dans le réseau Fedasil afin de répondre aux fluctuations des arrivées.

Centres fermés, mais sans enfants

Les centres fermés continuent de faire partie intégrante de la gestion des personnes en séjour illégal. Le "masterplan" lancé par l’ancien secrétaire d’État Theo Francken est bien maintenu, mais son amplitude devrait être limitée et il est uniquement destiné à répondre à la demande. Toujours à propos des centres fermés, l’enfermement des enfants ne sera plus autorisé, comme c’était encore le cas jusqu’à présent.

Concernant l’accès à la justice des migrants et les possibilités de recours contre les décisions prises par les instances administratives, la Vivaldi s’engage à rédiger un nouveau code de l’asile et de la migration.

Enfin, sur le volet des phénomènes migratoires dans leur ensemble, l’accord prévoit de renforcer la lutte contre le trafic et la traite d’êtres humains, avec la priorité mise sur le démantèlement des réseaux de passeurs, ainsi qu’une évaluation des mesures à prendre pour endiguer la migration de transit.