Le Comité de concertation a offert aux Belges, ce mardi 11 mai, des perspectives pour l'été 2021. Débutant le 9 juin, le plan présenté par le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), est loin de faire l'unanimité auprès des experts. Et, plus particulièrement, du côté de certains scientifiques du GEMS (le groupe chargé de conseiller le gouvernement dans le cadre de cette crise sanitaire). Sa présidente Erika Vlieghe, qui avait transmis ce mardi une lettre au Codeco pour le mettre en garde face à d'éventuels assouplissements trop rapides, a fait part de son inquiétude au sujet des décisions qui ont finalement été prises. "Suite aux annonces, mes collègues et moi continuons à nous poser une question", a-t-elle commenté sur les ondes de Radio 2. "Est-il prudent d'assouplir autant de choses en même temps ? Nous allons engendrer de nombreux mouvements au sein de la société à un moment où les personnes sont encore en train d'être vaccinées. Toutes sortes de choses peuvent mal tourner."



L'infectiologue de l'UAntwerp a ainsi expliqué que le GEMS "avait un certain nombre de préoccupations". "Notamment certaines inconnues comme le variant indien, qui progresse très rapidement à différents endroits", a mis en garde Mme Vlieghe. "Il y a encore des choses que nous ne connaissons pas bien." Si elle a toutefois salué le fait que les autorités aient conditionné chaque étape du déconfinement à des améliorations de la situation sanitaire, elle n'en a pas moins estimé qu'il y avait encore "beaucoup de travail pour rendre ce programme d'été le plus sûr possible".  

"Une pandémie qui n'évolue pas favorablement dans le monde"   

C'est surtout l' organisation d'événements de masse, comme des festivals, qui inquiète la présidente du GEMS. "On va rassembler des personnes de différentes régions, qui vont avoir des contacts étroits pendant plusieurs jours de suite", a-t-elle constaté, dubitative. "(...) Plus vous réunissez de personnes, plus il y a de risques." 

Enfin, elle a invité les décideurs à regarder ce qui se passe à l'étranger. "Nous sommes confrontés à une pandémie qui n'évolue pas favorablement dans le monde", a conclu l'infectiologue dans des propos repris par De Standaard. "La situation s'embrase en Inde et cela se propage dans de nombreux pays asiatiques, pays qui semblaient avoir le contrôle sur le virus. Je ne veux pas être pessimiste, mais nous devons ouvrir les yeux sur ce qui se passe en dehors de l'Europe."