"C'est une conjonction de facteurs. Vous ne serez pas considérés comme à haut risque uniquement à cause de l'avion." Les autorités belges ont décidé vendredi de renforcer certaines règles concernant les voyages pour tenter de ramener à la baisse les chiffres sur les contaminations au coronavirus. "Toute personne qui reste plus de 48 heures dans une zone rouge (presque toute l'Europe, NDLR) est considérée comme un contact à haut risque", a-t-on entendu après le Comité de concertation de ce jour-là. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'un voyage en avion équivaut à une obligation de quarantaine, même si les voyageurs passent un certain temps à proximité les uns des autres.

C'est le questionnaire d'auto-évauation qui permet de déterminer le niveau de risque. Grâce à un certain nombre de questions, le gouvernement examine si le voyageur doit ou non être mis en quarantaine pendant sept jours et se soumettre à un test. Le calcul du score de risque sera rendu plus sévère. "C'est une combinaison de différentes questions. Un voyage en voiture peut aussi être considéré à haut risque si quatre amis partagent le trajet", a expliqué Karine Moykens. Un voyageur qui prend l'avion, mais respecte les règles de distanciation sociale pendant son séjour pourrait échapper à l'obligation de quarantaine.

"Si nous voulons exclure tout contact à haut risque, nous devons abolir l'outil d'auto-évaluation et mettre en quarantaine toute personne qui revient de l'étranger", affirme Mme Moykens. "Il faut demander aux politiciens" pourquoi on n'a pas fait ce choix, selon elle. Le cabinet du ministre de la santé Frank Vandenbroucke, qui a déclaré vendredi qu'il est désormais "stupide" de voyager, n'a pas voulu discuter des raisons pour lesquelles une réglementation plus stricte n'a pas été adoptée.

Les ressortissants étrangers qui travaillent en Belgique et qui partent en vacances dans leur pays d'origine devront également remplir le formulaire d'autoévaluation. "Cela servira à déterminer s'ils ont eu un comportement à haut ou à bas risque, et donc s'ils doivent être mis en quarantaine ou non", explique M. Moykens.

À partir du 25 décembre, les non-résidents venant en Belgique en provenance d'une zone rouge devront également pouvoir présenter un test négatif datant de 48 heures maximum. "Le Comité de concertation n'a pas encore défini le test à effectuer, mais il devra s'agir d'un test PCR car c'est le seul test qui nous donne une certitude suffisante, même après 48 heures."

Les passagers devront se soumettre au test avant de monter dans l'avion et à l'arrivée en Belgique. Les résultats du test pourront également être demandés aux automobilistes à la frontière. "Il n'y aura pas de contrôles systématiques, mais les contrôles aux frontières seront renforcés", a expliqué M. Moykens.

À partir du 4 janvier, une distinction sera faite entre les voyages d'affaires et les voyages d'agrément. Cela se fera par le biais de questions supplémentaires dans le questionnaire. Les voyageurs d'affaires auront besoin d'une attestation de leur employeur. Il est possible que les voyageurs d'affaires soient soumis à des règles moins strictes, mais cela n'a pas encore été décidé.

Il est également important de noter que les citoyens qui se rendent à l'étranger pour moins de 48 heures ou qui viennent en Belgique pour moins de 48 heures ne doivent pas tenir compte de ces formalités. C'est le cas des habitants de zones frontalières qui traversent la frontière pour faire leurs achats.