La Commission fédérale de contrôle a reçu 2 655 déclarations d’euthanasie en 2019. Une hausse de 12,5 % en un an.

En 2019, 2 655 euthanasies ont été déclarées à la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation, soit une hausse de 12,5 % en un an. La disproportion des déclarations rédigées en néerlandais (77,3 %) et en français (22,7 %) reste stable sans qu’on puisse expliquer scientifiquement pourquoi le nombre d’euthanasies enregistrées en Flandre est nettement plus élevé qu’en Wallonie. Ce constat se maintient depuis l’entrée en vigueur, en septembre 2002, de la loi dépénalisant l’euthanasie.

Les femmes (52,8 %) restent un peu plus nombreuses que les hommes (47,2 %) à demander qu’on abrège leur vie.

Quelles souffrances ?

Dans plus de 8 cas sur 10, les patients signalaient simultanément des souffrances physiques et des souffrances psychiques. Dans 12,8 % des situations, les souffrances physiques du malade n’avaient pas pu être apaisées.

Dans 4,3 % des cas, les patients exprimaient uniquement des souffrances psychiques. Il ne s’agit pas ici de personnes souffrant d’affections psychiatriques, mais de malades, cancéreux par exemple, dont les souffrances physiques étaient contrôlées par des traitements antidouleur mais qui ne supportaient pas une perte de dignité ou d’autonomie.

Les affections principales à l’origine des euthanasies étaient soit des cancers (62,5 %), soit une combinaison de plusieurs affections - ou polypathologies (17,3 %) - qui n’étaient pas susceptibles de s’améliorer et occasionnaient de plus en plus de handicaps sérieux allant jusqu’à une défaillance d’organes.

Les demandes d’euthanasie sur la base de troubles mentaux et du comportement - soit les affections psychiatriques (comme les troubles de la personnalité) ou cognitives (comme les maladies d’Alzheimer) - restent marginales et ne représentent que 1,8 % de l’ensemble des euthanasies pratiquées en 2019.

Mort prévisible à brève échéance

Dans la grande majorité des cas (83,1 %), le médecin a estimé que le décès du patient était prévisible à brève échéance.

Dans 448 cas (16,9 %), la mort n’était pas attendue dans les semaines ou les mois suivants. Ces patients-là souffraient majoritairement de pathologies multiples (212 cas), de maladies du système nerveux (94 cas) ou de troubles mentaux et du comportement (48 cas).

Les chiffres montrent aussi que l’euthanasie reste très limitée chez les patients de moins de 40 ans (39 cas, soit 1,5 % du total). En 2019, un mineur d’âge a été euthanasié à sa demande.

S’agissant de l’âge, plus des deux tiers des patients qui ont bénéficié de l’euthanasie avaient plus de 70 ans et 4 sur 10 avaient plus de 80 ans. Le groupe de patients le plus important concerne la tranche d’âge entre 70 et 79 ans.

L’an dernier, 8 patients qui ont obtenu l’euthanasie avaient plus de 100 ans.