En Wallonie, 50% des personnes en âge d'être vaccinées contre le Covid ont reçu une première injection. La Flandre suit de près la Wallonie, avec 48%, tandis que Bruxelles semble à la traîne avec seulement 37%. Des inégalités marquées, mais un fait encourageant malgré tout : la couverture vaccinale augmente en Belgique.

Même si l'on est encore loin de l'objectif de 70%, qui rassemble la vaccination et l'immunité naturelle, "on voit que ça augmente et que depuis quelques semaines maintenant, il y a quand même eu une belle accélération au niveau de la vaccination", souligne Leila Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. "Ça, c’est plutôt favorable. Ce qui l’est moins, c’est quand on regarde le baromètre qui est fait par le groupe Psychologie et Corona, pointe l'experte. On voit qu’il y a quand même encore un nombre de personnes hésitantes qui le restent et pour lesquelles il va falloir continuer à bien informer pour essayer de comprendre où se situe l’hésitation vaccinale et pouvoir expliquer que la vaccination est vraiment un enjeu clé du moment".

Selon elle, les acteurs du milieu médical - qui organisent de nombreuses séances d'information à propos de la vaccination - ne doivent pas être les seuls à intervenir. "Des acteurs plutôt locaux peuvent aussi répondre aux questions que se posent les personnes qui hésitent", insiste-t-elle. C'est d'ailleurs ce qui est mis en place à Farciennes, qui présente le taux de vaccination le plus bas de Wallonie.

Qui sont les personnes qui hésitent ?

Alors quel est le profil de ceux qui hésitent encore ? Leila Belkhir distingue les personnes contre la vaccination de manière générale - largement minoritaires - et celles qui ont peur à cause des nombreuses fake news qui circulent sur les réseaux sociaux. Selon elle, ce sont ces fausses informations qui rendent la tâche difficile. "C’est un peu une course sans fin. Quand on essaye de délivrer une information correcte, il y a quasi tous les jours une nouvelle fausse rumeur qui circule et qui se propage très, très rapidement sur les réseaux sociaux. Et après, il y a les personnes qui se posent des questions tout à fait légitimes. Et quand on leur apporte une information cohérente, avec toutes les limites que l’on peut avoir, mais vraiment avec les informations qu’on a, c’est toujours très gai de voir qu’il y a des personnes qui se disent " OK, maintenant, je comprends, et oui, je vais me faire vacciner ".

Enfin, Leila Belkhir a tenu à rappeler qu'il ne suffisait pas de viser 70% : "il faut aussi que ce soit homogène", insiste-t-elle. "Il ne faut pas que ce soit que dans un groupe ou que dans une ville, il faut que ce soit homogène et il faut compter à la fois les personnes vaccinées, mais également les personnes qui ont déjà acquis le virus. C’est donc vraiment une notion d’immunité partagée".