Chaque jour ou presque, les virologues s'écharpent dans les différents médias. Après avoir déjà répondu à Marc Van Ranst pendant le mois de juin, Steven Van Gucht s'est cette fois attaqué à Philippe Devos et Marc Wathelet dans l'émission Terzake de la VRT. Devos et Wathelet étaient les premiers à alerter le gouvernement et la population à propos du virus. Selon eux, l'Etat belge est intervenu beaucoup trop tardivement pour contrer cette pandémie qui a touché notre pays de plein fouet. Steven Van Gucht a tenu à balayer cet argument d'un revers de la main: "Je pense que la réaction des premiers lanceurs d'alertes est un peu exagérée" commence-t-il. "Tout ce qu'ils ont évoqué, nous le savions aussi. Depuis le début de la crise, nous avons pris la situation très au sérieux. A partir de janvier, nous avons été occupés jour et nuit. Tous les scénarios possibles ont été pris en compte. La réalité, c'est que personne ne pouvait calculer précisément quel serait l'impact de la crise du corona."

Une question divise les deux clans: aurait-on dû confiner plus tôt? Pour Van Gucht, il est évident que si nous avions décrété le lockdown dès février, nous n'aurions pas eu de mort. Mais selon lui, "C'est très facile à dire après coup. Lorsque nous avons annoncé la fermeture, nous avons eu 560 infections et trois décès. Nous avons confiné bien plus rapidement que les Pays-Bas ou le Royaume-Uni. Le premier cas local s'est déclaré le 1er mars. Douze jours plus tard, nous étions en lockdown. Nous n'avions jamais connu ce phénomène dans l'histoire belge ou européenne."

Ensuite, il s'est exprimé à propos de la stratégie du gouvernement en place. "Vous ne pouvez pas simplement décider d'un confinement sur la base de cent ou deux cents cas. À ce stade, nous avions une stratégie différente. Elle consistait à tester les gens, à les isoler à la maison et à retrouver les contacts pour éviter la multiplication du virus." Une stratégie qu'il a tenu à défendre. "Nous avons toujours pris la question très au sérieux, mais nous n'avons jamais voulu paniquer" a-t-il souligné. Avant ensuite de charger un de ses homologues: "C'est exactement ce que Marc Wathelet préconise. Il veut effrayer les gens afin qu'ils écoutent. Ce n'est pas la stratégie que nous suivons. Cela peut fonctionner pendant un certain temps, mais sur du long terme, cette stratégie ne prend pas."