La situation dans notre pays est-elle si grave que ce que l'on a pu entendre ces derniers jours ? Si actuellement les chiffres des contaminations semblent indiquer que la situation reste sous contrôle, les experts s'inquiètent malgré tout en raison de la forte propagation du variant britannique sur notre territoire. Comme chaque mardi et vendredi, Yves Van Laethem et Steven Van Gucht ont dressé le bilan de l'évolution épidémiologique dans notre pays. 

"Concernant les chiffres, on constate que les contaminations continuent à augmenter en Flandre, elles restent stables en Wallonie et elles diminuent à Bruxelles, a commencé Yves Van Laethem. L'augmentation constatée en Flandre est principalement liée à la hausse du nombre de cas détectés chez les enfants, qui elle-même s'explique par l'augmentation du nombre de tests effectués dans ce groupe d'âges. C'est essentiellement en province du Limbourg d'ailleurs que ceci se manifeste."

"Nous avons par contre une bonne nouvelle: les hospitalisations qui tendaient à augmenter ont de nouveau repris la tendance d'une diminution", a-t-il continué. 

Les contaminations en hausse chez les enfants   

Il y a eu, ces sept derniers jours, en moyenne 2.210 contaminations quotidiennes (ce qui représente une augmentation de 12%). "Ceci se manifeste sur l'entièreté du territoire, sauf en Région de Bruxelles-Capitale", a expliqué le porte-parole interfédéral. En nombre absolu de cas, c'est toujours dans la province d'Anvers, suivie des deux Flandre, qu'il y a le plus de cas. "Dans les catégories d'âges, on voit qu'on a un nombre important de contaminations chez les enfants de moins de 10 ans, c'est un doublement en moins d'une semaine (+128%)", a constaté M. Van Laethem. "Chez les adolescents, on a aussi une augmentation (+41%). Trois quarts de l'augmentation du nombre de nouveaux cas dépistés est liée aux enfants ou adolescents. Cela est sans aucun doute dû aux campagnes de dépistage centrées sur des clusters dans les écoles." 

Le nombre de tests effectués chez les mineurs a augmenté de manière marquante alors que, pour le reste de la population, il a diminué. "Le pourcentage de tests positifs reste relativement stable ces derniers jours, voire ces dernières semaines", a noté le porte-parole interfédéral. 

Au niveau des clusters, les transmissions se font essentiellement dans les maisons de repos, ensuite dans les entreprises et enfin dans les écoles.   

Le point sur les variants    

Le variant britannique représente actuellement 20% des cas détectés sur les nouvelles contaminations de la troisième semaine de janvier. "C'est clairement une augmentation par rapport à début janvier où on était à environ 9%, mais on s'y attendait", a ajouté Yves Van Laethem.  
 
   

Concernant le variant sud-africain, sa propagation reste très limitée. "On ne l'observe pour le moment que dans le cluster de la ville d'Ostende, il est moins fréquemment retrouvé actuellement dans notre pays", a détaillé le professionnel de la santé. 

Faudra-t-il à l'avenir prendre de nouvelles mesures face aux mutants ? "Cette augmentation du variant britannique ne doit rien changer fondamentalement à la gestion de l'épidémie, a estimé Yves Van Laethem. Nous savons que la transmission reste la même et que donc les techniques déjà en place fonctionnent."

Hospitalisations à la baisse

Yves Van Laethem est ensuite passé à la bonne nouvelle du jour: les nouvelles hospitalisations sont légèrement à la baisse. "Cela peut être lié au fait que nous comparons avec une semaine où il y avait eu quelques foyers en Flandre dans des hôpitaux, ceci biaise peut-être partiellement la comparaison actuelle", a-t-il mis en garde.
 

Un nombre de décès stable

Le nombre de décès est relativement constant. Il y a en permanence entre 48 et 53 décès par jour depuis un certain temps. 

Le point sur les maisons de repos

La situation est plutôt stable dans les maisons de repos et de soins. "Les chiffres ont légèrement diminué en Flandre, légèrement augmenté en Wallonie et à Bruxelles, mais sans que ceci n'ait de réelle signification", a rapporté Yves Van Laethem.

Au cours de cette semaine, on a eu en Flandre 6,4 nouvelles contaminations par 1000 résidents, 4,1 en Wallonie et à Bruxelles, 4,5. 
 

14 décès de personnes vaccinées en Belgique

243.412 personnes ont reçu la première dose du vaccin. 3.458 personnes ont déjà reçu leur deuxième dose. Ceci représente une couverture de 15% des personnes les plus à risque du pays. En Belgique, on a notifié 262 effets indésirables liés au vaccin Pfizer (37 considérés à un niveau grave), 2 pour le vaccin Moderna. Parmi les effets graves, il y a eu 14 décès chez des patients après vaccination. Tous ces patients étaient âgés de plus de 70 ans, 5 d'entre eux étaient âgés de plus de 90 ans. "Tous ces décès ont été examinés pour établir un éventuel lien avec la vaccination, mais on a constaté pour chaque cas qu'il s'agissait de personnes très gravement malades ou affaiblies. Un rapport de cause à effet par rapport à la vaccination n'a pas pu être établi", a expliqué M. Van Laethem. 
 

La vitamine D et le zinc empêchent-ils une forme sévère du Covid ?

Depuis le début de la pandémie, circulent de nombreuses informations suggérant qu'un apport de vitamine D ou de zinc pouvait jouer un rôle dans la lutte contre le Covid. Il y a de nombreuses carences en zinc et en vitamine D chez les Belges. "On peut compenser cela par l'alimentation", a suggéré Yves Van Laethem. Des études ont constaté qu'il y avait un lien entre ces carences et des épisodes sévères de Covid. "Il faut souligner qu'il s'agit d'une association, il n'y a pas de preuve de causalité", a continué le porte-parole interfédéral. "Un supplément de vitamine D ou de zinc peut être utile pour renforcer éventuellement nos moyens de défense, tout particulièrement chez les personnes âgées. Mais dans le traitement du Covid lui-même, cela n'a pas sa place de façon trop importante. Il n'est pas utile d'en prendre des 'shots'."
 

Peut-on déjà parler d'une troisième vague ?

Le porte-parole interfédéral a estimé que nous ne pouvions pas encore parler d'une troisième vague. "La transmission du virus augmente mais le nombre de tests augmente également, entre autres chez les enfants. Dans les hôpitaux, on a plutôt une stabilisation. On ne peut donc pas dire que nous sommes au début d'une troisième vague, nous sommes dans une situation épidémiologique encore complexe mais, si nous faisons attention, nous pouvons continuer à garder cette courbe aplatie. La Belgique continue à avoir une évolution favorable depuis plusieurs semaines par rapport à ses voisins. On peut noter que la France, l'Espagne et le Portugal ont tous les trois des augmentations des cas et des hospitalisations très importantes qui ne sont pas liées à la présence des variants. Cela nous laisse penser que si nous le voulons nous pouvons encore éviter cette troisième vague."
 

Quid du vaccin AstraZeneca pour les plus de 65 ans ? 

La taskforce vaccination a demandé jeudi soir au Conseil Supérieur de la Santé de remettre un avis qui traite de l'adéquation du vaccin AstraZeneca chez les personnes de plus de 65 ans. En Allemagne, il a été interdit pour les plus de 65 ans, mais au Royaume-Uni il est administré à toute la population, y compris les seniors. Le Conseil Supérieur de la Santé tranchera concernant la marche à suivre en Belgique.
 

Est-ce possible d'imaginer la réouverture des restaurants à la date du 1er mars, comme le demandent certains chefs ? 

Yves Van Laethem a estimé qu'il était dur de répondre à cette question actuellement. "La situation est instable, nous pouvons aller dans toutes les directions, nous ne sommes pas dans une structure comme en juin où le taux d'infections bas nous permettait de rouvrir certains secteurs. Il serait inadéquat d'ouvrir la porte du jardin pour que l'ennemi puisse entrer dans la maison, alors que de l'autre côté on garde portes et fenêtres fermées pour lui barrer la route", a répondu le porte-parole interfédéral. 
 

A quel point le variant sud-africain s'est-il propagé dans la population ?

Au contraire du variant britannique, il y a peu de variants sud-africains détectés dans notre pays. "Nous avons constaté 91 cas liés à ce variant, a expliqué Yves Van Laethem. Dans ces contaminations, on en compte de nombreuses qui sont liées au cluster d'Ostende. Au niveau de ce cluster, on a défini 125 cas qui pourraient être liés à ce variant. Tous n'ont pas été séquencés, c'est pourquoi nous ne pouvons pas affirmer qu'il s'agit de ce variant. En dehors de ça, le variant sud-africain n'a été constaté que dans de très petits clusters. Il ne semble pas encore diffusément présent dans la population, comme l'est le variant anglais."