"La campagne de vaccination montre de plus en plus ses effets. Mais le virus circule encore beaucoup. Malgré la baisse des décès chez les plus de 85 ans, nous voyons une augmentation des décès chez les personnes de moins de 85 ans", a expliqué Steven Van Gucht qui a rappelé qu'il est plus nécessaire que jamais de respecter les mesures afin de contenir les contaminations chez les personnes qui ne sont pas encore vaccinées.

Entre le 23 février et le 1er mars, 2.358,7 nouvelles contaminations ont été dépistées en moyenne par jour, en hausse de 2% par rapport à la semaine précédente. "Mais depuis quelques jours, les contaminations se stabilisent. On peut donc espérer une baisse dès demain", a analysé le virologue. En Flandre, il y a déjà une légère baisse de 4%, alors qu'à Bruxelles et en Wallonie, il y a une augmentation de respectivement 16% et 8%.



"La tendance change en fonction de l'âge. Les nouvelles contaminations baissent chez les petits enfants, chez les quadragénaires et les quinquagénaires, mais aussi très fortement chez les personnes de plus de 90 ans. Chez les autres groupes d'âge, il y a une augmentation, surtout chez les adolescents", a noté Steven Van Gucht.


La semaine dernière, 51% des nouveaux cas étaient dus au variant britannique. "Il est aujourd'hui dominant", a souligné l'expert. Les variants sud-africain et brésilien sont également présents sur notre territoire et sont responsables de respectivement 4,4% et 1,9% des nouvelles contaminations. "La troisième vague peut être évitée. Nous faisons beaucoup mieux que d'autres pays européens." Malgré tout, les hospitalisations augmentent, a concédé le porte-parole flamand. Entre le 26 février et le 4 mars, il y a eu en moyenne 156 admissions à l'hôpital par jour, soit une augmentation de 23% par rapport à la période de référence précédente. Au total, 1.906 personnes sont encore hospitalisées en raison du Covid-19, dont 426 patients traités en soins intensifs. "Nous espérons que la stabilisation des contaminations va rapidement se reporter sur les hôpitaux", a-t-il rajouté.


Au niveau des décès, on constate une baisse généralisée, mais encore plus forte chez les résidents de maisons de repos.


Et justement, quelle est la situation dans les maisons de repos?

Malgré la circulation du virus, les maisons de repos et de soins restent épargnées, c'est bien entendu grâce à la vaccination. Mais l'expert a aussi tenu à pointer le rôle du personnel des maisons de soins. "Ils ont sans doute vécu la pire année de leur carrière. Espérons qu'ils puissent bénéficier d'un peu de calme", a-t-il déclaré. Les nouveaux cas de Covid dans les maisons de repos ont chuté en Flandre et à Bruxelles, mais pas en Wallonie où ils augmentent encore légèrement. Le nombre d'institutions qui déplorent au moins un cas de Covid ont par contre baissé dans toutes les régions. "Les institutions qui font face à plus de 10 cas en même temps sont de plus en plus rares." Les hospitalisations et les décès dans les maisons de repos et de soins ont par ailleurs également baissé.


Et pour les activités à l'extérieur?

Steven Van Gucht a rappelé que l'élargissement de la bulle pour les activités à l'extérieur était sur la table du Comité de concertation. Il a donc tenu à faire le point sur les risques de transmission du virus en plein air. "Être à l'extérieur est plus sûr qu'à l'intérieur", a reprécisé le scientifique. "Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas attraper le virus à l'extérieur. Souvenez-vous, il y avait eu une épidémie de contaminations en septembre dernier dans le jardin de la Maison Blanche. Selon plusieurs études, seulement 5 à 10% des contaminations ont toutefois lieu à l'extérieur. Cela prouve donc que le risque existe mais est très diminué."

Pour rappel, le virus se propage par des gouttelettes, grosses ou petites. Les grosses gouttelettes ne se propagent pas très loin. Elles restent à environ 1 mètre, ce qui a servi à définir la distance de sécurité à 1 mètre 50. Les petites gouttelettes, elles, peuvent se propager plus loin. Dans les espaces intérieurs, elles peuvent même rester dans l'air, à la manière d'une fumée de cigarette. Une bonne aération ou le port du masque sont alors nécessaires. A l'extérieur, les petites gouttelettes ne peuvent heureusement pas former de tels aérosols ; elles se dispersent assez vite. Mais ce n'est pas pour autant qu'on peut se placer à moins d'1 mètre 50 de quelqu'un. Car, dans de tels cas, une contamination est tout à fait possible. "Si vous vous rencontrez dehors, veillez à le faire en nombre limité et à bonne distance", a rappelé Steven Van Gucht. "Quand on mange, on boit, on enlève le masque, c'est là que les gouttelettes ont le plus de chance de se propager, il faut donc dans ces moments-là garder plus que jamais ces distances".


Et les anticorps?

En analysant le nombre d'anticorps, on peut voir combien de personnes ont été contaminées par le virus dans le passé. Des études ont été réalisées fin 2020-début 2021, avant le début de la campagne de vaccination. 15,1% des médecins généralistes avaient des anticorps à ce moment-là, mais des différences se sont fait remarquer entre les régions. En Flandre, 11,3% des médecins avaient des anticorps. A Bruxelles, c'était 18,5% et en Wallonie 20,4%. "Les soignants de première ligne n'ont donc pas été plus contaminés que le reste de la population", a noté Steven Van Gucht. "Ils se sont bien protégés et ont bien utilisé le masque."

Au niveau du personnel des hôpitaux, fin janvier 24% d'entre eux avaient des anticorps. Avant septembre, donc avant la deuxième vague, ils n'étaient que 8% à avoir des anticorps. Enfin, quand on s'intéresse aux donneurs de sang qui sont un reflet de la population, on remarque que 18% avaient des anticorps en janvier.