À nouveau interrogé sur cette interdiction, qui a suscité de nombreuses critiques au sein du secteur, le ministre a tenu à justifier la décision. "Les conditions de réouverture de l'horeca le 8 mai ont fait l'objet d'un consensus au comité de concertation, sur base d'une combinaison d'une série d'éléments scientifiques et pratiques. On le sait, le virus se transmet par gouttelettes et aérosols, c'est pourquoi on donne la préférence à la réouverture des activités en extérieur et à la ventilation. (...) Sans aucun doute, le plexiglas peut contribuer à la suppression des grandes gouttes. Mais il faut aussi faire attention au fait qu'en posant des plaques de plexiglas on ne crée pas un espace fermé", a-t-il observé. "Se poserait alors le problème des aérosols".

Frank Vandenbroucke a également évoqué un deuxième argument ayant mené à cette interdiction: "on ne voulait pas d'une trop grande concentration de personnes sur les terrasses, pas trop de gens entassés, et on voulait que le personnel puisse se déplacer de façon sûre."

"Mais cette une règle qui peut évoluer", a-t-il conclu. "Le plexiglas n'avait pas été pris en compte pour la réouverture le 8 mai et on campe sur cette position provisoirement. Pour le 9 juin (réouverture possible de l'Horeca à l'intérieur, NDLR), on ne part pas du principe qu'il y aura du plexiglas".

Frank Vandenbroucke est également revenu sur ses propos tenus sur RTL-TVi le 11 mai dernier. "Ceux qui peuvent se permettre d'aller au Pukkelpop ou à Tomorrowland peuvent bien payer un test PCR", avait-il déclaré, suscitant de vives réactions. "Généraliser ce que j'ai dit là est un peu court", a réagi le socialiste mardi devant les députés. Le ministre a fait référence au dernier avis du Comité consultatif de bioéthique. Celui-ci demande que "les moyens alternatifs (tests PCR, ndlr) soient gratuits jusqu'au moment où tout le monde aura eu la possibilité de se faire vacciner et en tout temps pour les personnes qui présentent une contre-indication médicale à la vaccination". "Je suis sensible à cet argument", a déclaré M. Vandenbroucke. "Dans la mesure où le testing devient un élément de la politique de déconfinement, il faut réfléchir à l'accessibilité des tests et à leur gratuité ou quasi-gratuité. Je crois que c'est une réflexion qu'il faut avoir..." Le ministre de la Santé a aussi dit attendre un avis du groupe d'experts Gems sur les libertés associées à la vaccination que les autorités pourraient accorder. "Je suis ouvert à un débat là-dessus", a-t-il assuré.

De manière générale, le ministre s'est dit "optimiste sur la façon dont nous sommes en train de lutter contre l'épidémie". "Les chiffres sont clairement meilleurs."