Avec une moyenne de 677 nouveaux cas par jour lors des sept derniers jours, la province de Flandre orientale est actuellement l'une d'une des zones les plus touchées par le coronavirus dans notre pays. Cette pression se fait naturellement ressentir dans les hôpitaux : 33 personnes se trouvent en soins intensifs à l'hôpital universitaire de Gand (UZ Gent). " Pour l'instant, nous essayons d'entrer dans la nuit avec une petite réserve d'un ou deux lits, mais cela devient de plus en plus difficile. La situation est critique depuis quelques jours", explique le chef de service Frank Vermassen dans les colonnes de Het Laatste Nieuws ce mardi.

Concernant le profil de ces patients, le médecin urgentiste constate une population plus jeune que lors des deux premières vagues : "L'âge moyen dans les [services] intensifs était de 56 ans à la fin de la semaine dernière. Ce n'est pas vieux. Cela signifie qu'il y a aussi beaucoup de personnes dans la trentaine et la quarantaine qui sont sous respirateur. Cela est lié à deux choses : moins d'infections chez les personnes âgées grâce aux vaccins et un variant britannique qui rend les gens plus malades", explique-t-il à nos confrères.

L'augmentation des lits n'est pas la solution

Face à la pression et l'afflux des patients, une augmentation des places disponibles dans les hôpitaux ne serait-elle donc pas nécessaire ? "Ce n'est pas la solution car nous n'avons de toute façon pas de personnel pour les gérer, estime le médecin. Dans une unité de soins intensifs, vous avez besoin de personnes très compétentes et spécialement formées. Il y a une marge de manœuvre sur ce personnel, mais pas à l'infini. Et si les soins réguliers se poursuivent, il doit y avoir suffisamment de mains là aussi".

Les hôpitaux entrent en phase 2A à partir du 6 avril. À ce titre, il leur est demandé d'augmenter leur capacité de lits en soins intensifs de 15%."Quelques lits supplémentaires en soins intensifs sont peut-être possibles, mais il faut absolument éviter d'en rajouter, avertit Frank Vermassen. Il vaut mieux se déplacer vers d'autres services de soins intensifs que d'augmenter la capacité de manière incontrôlée, car cela réduit la qualité des soins et augmente la mortalité. J'ai des réserves sur le plan proposé : une augmentation de 15 % est trop importante pour de nombreux hôpitaux".

Un pic puis une baisse

Actuellement, 738 lits de soins intensifs sont occupés par des patients Covid dans notre pays. Selon Frank Vermassen, ce scénario était attendu : "Un pic à la fin du mois de mars, puis une baisse. Surtout en ce qui concerne le nombre d'infections. Nous avons progressivement atteint ce pic, notamment en ce qui concerne le nombre d'infections. Les hospitalisations ont généralement une à deux semaines de retard. Je m'attends donc à une nouvelle augmentation cette semaine."

Néanmoins, malgré cette courbe des contaminations, le médecin veut se montrer confiant. Selon lui, nous pourrons à nouveau faire la fête et profiter de l'été dans environ six semaines. "Si les choses ne s'aggravent pas à cause des variants, nous passerons cette vague aussi."