Invité par la commune d'Ixelles pour une séance de questions-réponses avec les citoyens, Marius Gilbert a fait le point sur la situation épidémiologique en Belgique.

Dans une intervention retransmise en live sur Facebook, l'épidémiologiste de l'ULB s'est montré optimiste, notamment grâce à deux caps déterminants qui devraient être franchis dans les prochaines semaines.

Diminution des hospitalisations et "immunité collective"

Tout d'abord, d'ici un mois, la grande majorité des personnes à risques - les plus de 65 ans et les personnes plus jeunes mais présentant des comorbidités - seront vaccinées. Selon Marius Gilbert, ces personnes, qui présentent habituellement des formes plus sévères de la maladie, devraient ainsi ne plus se retrouver dans les hôpitaux. "Ce premier cap va nous permettre de rouvrir certains secteurs et de permettre de nouvelles activités sans engorgement hospitalier", se réjouit l'expert.


Le deuxième cap, qui devrait être franchi à la fin de l'été, est celui de l'immunité collective. "Lorsque suffisamment de personnes seront vaccinées dans la société, le virus n'arrivera plus vraiment à se transmettre d'une personne à une autre. Si on arrive à ce cap-là, on pourra reprendre une vie plus ou moins normale", prédit Marius Gilbert.

La prudence reste de mise

Toutefois, s'il se veut optimiste, l'épidémiologiste se montre également prudent, et alerte sur deux incertitudes qui pourraient chambouler les prédictions: le fait que la vaccination ne soit pas obligatoire, et l'émergence de nouveaux variants.

"La vaccination n'est pas obligatoire, donc on ne sait pas encore très bien jusqu'où on pourra aller en termes de couverture vaccinale au sein de la population", met en garde l'expert, qui souligne également que de nouveaux variants feront encore leur apparition à l'avenir. "Le virus est un organisme vivant, qui possède un certain nombre de mutations : il peut dès lors acquérir des caractéristiques que l'on ne connaît pas. Pour le moment, les résultats dont l'on dispose sont plutôt rassurants, car il n'y a pas encore de variants qui montrent des résistances claires par rapport aux vaccins, mais je pense qu'il faut rester prudent car c'est un organisme vivant et il faut accepter qu'il y ait une certaine imprévisibilité", détaille l'épidémiologiste.

Face à ces deux composantes incertaines, l'expert estime qu'il faudra rester relativement prudents à l'automne et à l'hiver prochains.

Trop tôt pour relâcher les mesures

Enfin, l'épidémiologiste juge qu'il faut encore attendre avant de procéder à davantage d'assouplissements: "Si on relâche trop vite, la vitesse à laquelle la transmission du virus va augmenter pourrait être plus rapide que la vitesse de la vaccination. Cela justifie le maintien d'un certain nombre de mesures actuellement", justifie Marius Gilbert.