La campagne de vaccination débute seulement officiellement ce mardi 5 janvier en Belgique, mais il n'aura pas fallu attendre longtemps pour entendre les premières critiques, qu'elles viennent des politiques ou de certains experts.

L'immunologue Hans-Willem Snoeck, de l'Université de Colombia (New York), s'est par exemple montré inquiet à ce sujet sur le plateau de Terzake (VRT) lundi soir. Selon lui, les problèmes nous pendent au nez. "Nous avons connu un break avec Noël", a-t-il expliqué, rappelant que les chiffres diminuaient désormais. "Mais les écoles sont à nouveau ouvertes, tout le monde est retourné au travail et il y a cette très probable forme du virus plus contagieuse venue d'Angleterre. Donc je me demande pourquoi on pense encore que ce qui se passe chez nos voisins n'arrivera pas ici. Nous devons partir du principe qu'il y aura une troisième vague et nous devons tout faire pour la repousser."

"Nous pouvons déjà sentir l'odeur du feu"

Raison pour laquelle l'immunologue, qui avait déjà plaidé en décembre pour la fermeture totale des écoles jusqu'à la fin du mois de janvier , insiste pour que notre pays accélère sa stratégie de vaccination, avec une priorité accordée au personnel soignant. "Ma crainte est qu'il y ait une troisième vague. (...) Avec la vague qui arrive, nous n'avons pas une semaine devant nous. Il faut protéger notre personnel soignant. Nous sommes dans une situation où on aperçoit le feu de forêt à l'horizon et nous pouvons déjà sentir l'odeur du feu."

Selon lui, c'est le personnel qui importe le virus dans les maisons de repos. "C'est donc logique de les vacciner en priorité", a-t-il précisé.

Car une nouvelle augmentation des cas pourrait, toujours selon Hans-Willem Snoeck, compromettre notre stratégie de vaccination. "Nous sommes beaucoup trop tranquilles sur le fait qu'il n'y aura pas de troisième vague et que les chiffres vont rester stables", a-t-il poursuivi. "Si une troisième vague arrive, nous aurons un problème avec les centres de vaccination. C'est ce qui se passe actuellement dans les Etats au centre, à l'ouest et au sud des Etats-Unis: ils n'ont plus de personnel pour prendre en charge la vaccination car ce personnel doit s'occuper des malades et procéder aux tests. C'est la situation que nous devons absolument éviter ici."

Dans une lettre ouverte adressée au ministre Frank Vandenbroucke ce mardi, des professionnels de la santé ont eux aussi demandé que le personnel soignant soit vacciné en priorité.