Les contaminations et les hospitalisations poursuivent leur hausse en Belgique. Combinées à la circulation croissante du variant britannique sur notre territoire, ces augmentations suscitent une vive inquiétude tant chez les experts que chez les politiques. Certains professionnels de la santé ont mis en garde, ce lundi 25 janvier, contre une "troisième vague" devenue presque inévitable dans notre pays. Mais d'autres ont préféré se montrer optimistes: même si un rebond épidémique se profile, il peut être amoindri si nous réagissons rapidement. "Il ne faut pas commettre la même erreur qu'au mois de septembre, en attendant trop longtemps avant d'agir", a averti Steven Van Gucht.

C'est pourquoi le porte-parole a rappelé que les experts étaient prêts, de leur côté, et avaient fixé un niveau à partir duquel il faudrait enclencher le plan B. S'il a refusé de donner des chiffres précis quant à ce seuil, M. Van Gucht a averti qu'il n'était pas loin d'être atteint. "Certaines mesures sont déjà discutées", a affirmé le virologue de Sciensano. S'agirait-il d'opter pour un nouveau lockdown très strict ? L'expert ne s'est pas montré favorable à cette solution. Donnant l'exemple de l'Irlande qui avait opté pour un tel confinement, M. Van Gucht a argué que cela n'avait pas empêché le pays de passer de meilleur à pire élève européen, dès les premiers assouplissements. "Il est préférable de trouver la juste balance", a-t-il expliqué.

Le "pire scénario" ne peut malheureusement pas être écarté

Une opinion que partage le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven-UHasselt). Mais tous deux se sont toutefois refusés à écarter un éventuel recours à cette méthode drastique. "C'est le pire scénario, mais nous devons continuer à en tenir compte", a ajouté M. Van Gucht.

Qu'est-ce qui serait dès lors actuellement sur la table ? Avant d'en arriver au fameux plan B (qui induirait une fermeture des magasins non-essentiels) proposé par les experts, ces derniers seraient favorables à l'adoption de mesures "ciblées", visant à résorber les trous par lesquels le virus arrive à se faufiler dans notre société.

Niko Speybroeck, épidémiologiste à l'UCLouvain, nous confiait ce lundi que, dans la lutte contre les variants, la limitation des contacts sociaux serait cruciale. "Avec les variants, les risques de contaminations sont plus grands, encore plus si on voit plus de personnes. Il faut donc diminuer drastiquement ses contacts, a-t-il insisté. Si la transmissibilité augmente et que le nombre de contacts reste identique, on va avoir des problèmes."

Le cas des jeunes 

Les professionnels de la santé plaideraient depuis plusieurs semaines également pour que les politiques se penchent sur les activités extra-scolaires. Mais du côté des autorités, cela a toujours bloqué. "Dans une épidémie, chaque jour compte", a fustigé le porte-parole interfédéral auprès de nos confrères de HLN, estimant que l'on pouvait encore faire de cette troisième vague, une "vaguelette". Un Comité de concertation "spécial jeunesse" se tiendra par ailleurs ce jeudi 27 janvier. Alexander De Croo discutera avec les ministre de l'Education et de la jeunesse, ainsi que le ministre de la Santé et de l'Intérieur de la situation sanitaire dans les écoles. Les activités extra-scolaires seront certainement abordées, comme le demandent les experts depuis plusieurs jours.