Afin d'identifier des personnes souffrant de comorbidités et qui pourront bénéficier de la vaccination contre la Covid-19 avant la population générale, les bases de données de mutualités seront utilisées et croisées avec celles des médecins généralistes. Ce dispositif a fait débat mardi en commission santé de la Chambre lors d'un débat d'actualité consacré à l'épidémie. "L'appel aux organisations mutualistes me fait froid dans le dos", a lancé le député MR (majorité) Daniel Bacquelaine, y voyant une "dérive orwellienne". A ses yeux, trois éléments doivent être pris en compte : le secret médical, la protection de la vie privée et le caractère volontaire de la vaccination. "Une invitation via les mutuelles est totalement inacceptable", a renchéri Catherine Fonck (cdH, opposition). "Cela viole le secret médical".

"Dire que les mutualités vont identifier les patients, ce n'est pas comme cela que ça marche", a répondu le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a), sans toutefois convaincre les deux députés. "L'approche 'comorbidité' consiste à s'appuyer sur les ressources disponibles pour identifier et inviter les personnes concernées sans qu'elles n'aient à entreprendre de démarches." L'appel aux mutualités doit, selon le ministre, être considéré comme un "processus en back office". "Les invitations passeront par un croisement de listes de patients des mutualités et celles des médecins généralistes. Une fois cette liste établie, les personnes recevront un code unique qui leur donnera un accès à la vaccination", a expliqué le ministre, rappelant au passage qu'il s'agissait néanmoins d'une compétence régionale.

Sofie Merckx (PTB) a pour sa part fait part de ses craintes de voir les patients qui ne disposent pas de Dossier Médical Global (DMG) exclus du processus. "L'invitation des patients ne repose par sur le fait d'avoir un DMG mais sur le fait d'être identifié par une mutualité ou un médecin", a répondu M. Vandenbroucke. "Avoir un DMG n'est pas un préalable. Le généraliste doit jouer un rôle clé."

La phase 1B de la campagne de vaccination doit débuter en mars. Elle regroupe les personnes de plus de 65 ans, celles souffrant de maladies chroniques ou à risque élevé au niveau santé, et les personnes exerçant une fonction sociale et/ou économique critiques.

Au sein de cette phase, les patients âgés de 45 à 64 ans, atteints de maladies chroniques (pulmonaires, cardiovasculaires, neurologiques), les diabétiques de type 1 et 2, et les personnes atteintes d'un cancer, bénéficieront d'un "niveau de priorité très élevé", a indiqué vendredi dernier le Conseil Supérieur de la Santé.

Mardi en commission, Frank Vandenbroucke a également indiqué avoir demandé au commissariat covid de présenter, pour le prochain comité de concertation le 26 février, une étude approfondie permettant d'identifier "quelle mesure mise en œuvre dans la campagne de vaccination permettrait de retrouver une vie normale (...) et introduire des assouplissements" aux règles sanitaires.