L'afflux de personnes dans les supermarchés est inutile et expose les employés de supermarchés aussi à un risque de contagion. 

Depuis jeudi, la population se rue vers les magasins afin de faire des provisions à cause du coronavirus. Cela donne parfois lieu à des scènes assez cocasses où l'on retrouve un attroupement de personnes au même endroit au même moment. Cet effet de groupe, que le gouvernement déconseille, semble impossible à éviter malgré le fait que les magasins restent ouvert aux mêmes horaires qu'auparavant.

Delphine Latawiec, représentante de la Centrale Nationale des Employés (CNE) pour le secteur de la distribution, ne comprend pas pourquoi les consommateurs se rendent tous maintenant dans les supermarchés. "Je ne suis pas épidémiologiste mais je vois tout de même que beaucoup de personnes s'amassent dans des toutes petites surfaces alors que c'est complètement l'inverse de ce que l'on nous demande depuis des semaines. Cela prend encore moins de sens de faire cela aujourd'hui après les mesures prises jeudi soir" explique-t-elle. "Je ne suis personne pour les discuter ou les critiquer mais je pense qu'il faut les respecter et que rien ne donne lieu à se rendre en trombe à 8h30 devant un supermarché alors que tout ce secteur restera ouvert comme d'habitude."

Au niveau sanitaire, il n'y a rien de plus mauvais étant donné la situation. "L'idée avec les mesures prises hier est d'avoir une certaine distance sociale et, pour l'instant, les gens se retrouvent sur une même surface à s'échanger leurs microbes lorsqu'ils font la file à la caisse par exemple. C'est un vrai problème."

Les travailleurs sont plus exposés au risque de contagion

Les travailleurs aussi sont concernés par ces risques à cause de cette ruée vers les supermarchés. "Cela pose un gros problème car ils sont d'autant plus exposés à une contagion quelconque en faisant face à cet afflux de personnes durant tout leur service", explique Delphine Latawiec. Celle-ci évoque également un autre problème : la surcharge de travail. "Quand je vois la vitesse à laquelle les rayons se sont vidés ce matin, il a fallu ouvrir toutes les caisses et certains de mes collègues n'ont pas su réassortir assez rapidement les rayons. Certaines enseignes ont même dû fermer durant l'heure de midi pour permettre de réapprovisionner leurs magasins. Les employés sont donc confrontés à deux choses :  une surcharge de travail, puisqu'ils doivent suivre une cadence infernale, et un risque de contagion vu l'exposition à laquelle ils sont confrontés en travaillant."

"Cela ne sert à rien d'aller acheter 15kg de riz"

"Cela n'a aucun sens d'aller s'amasser dans les magasins. Tous les magasins vont rester ouverts dans les jours qui viennent. S'il n'y a pas de grosse nécessité, cela ne sert à rien d'aller acheter 15kg de riz pour avoir des provisions durant des mois", appuie Delphine Latawiec qui pense que les consommateurs vont déclencher une certaine désorganisation dans les magasins avec cette forte affluence inutile. "Cela ne sert à rien de se rendre au magasin pour faire de grandes provisions à l'heure actuelle. Finalement, les consommateurs sont en train d'organiser la pénurie puisque les enseignes vont devoir se réapprovisionner très rapidement. Et cela entraînera une désorganisation dans la chaîne de réassortiment."