Il court dans tous les sens. Mais, ça y est, Jean-Luc Gala, chef des Cliniques universitaires de Saint-Luc, professeur à l'UCLouvain, vient d’obtenir les autorisations nécessaires des autorités nationales belges et grecques pour partir durant un mois sur l’île de Lesbos, en Grèce. Connue pour abriter un des plus grands camps de migrants au monde (Moria), Lesbos est totalement abandonnée des pays de l’Union européenne. L’homme, fort du financement qu’il vient d’obtenir ("quelques centaines de milliers d’euros", dit-il), partira donc samedi vers la Grèce. "La durée de la mission sera a priori d’un mois. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souhaitait qu’on prolonge mais ce n’est pas possible à ce stade. Un très gros travail nous attend sur le terrain et je ne sais pas très bien comment cela va tourner. On fera de notre mieux...", glisse Jean-Luc Gala.

Concrètement, grâce à son laboratoire mobile baptisé B-Life, Jean-Luc Gala ira donc "tester le degré de contagion d’une population qu’on connaît finalement assez mal. On va tenter de cerner, à la demande des autorités belges (cabinet de la ministre de la santé Maggie De Block, Open VLD), la dangerosité du Covid auprès de la population des réfugiés. L’île abrite environ 13 000 réfugiés, et quelques milliers d’habitants. On va donc d’ici samedi finaliser l’expédition sur le plan logistique –croyez-moi, il y a du boulot– et on commencera tout de suite notre travail, qui sera fort différent de celui qu’on avait mené en Italie en juin".

Lorsqu’il s’était rendu dans la région piémontaise en juin, au coeur de la crise, et au centre d’un des plus importants foyers de contaminations au monde, Jean-Luc Gala et son équipe avaient procédé à une cartographie des personnes qui avaient a priori développé les anticorps face au covid-19. L’idée était alors d’en dégager des informations clé au moment où le pays entamait son déconfinement, après avoir été le centre de la crise en Europe. 

Ce labo mobile B-Life, Jean-Luc Gala l’avait déjà utilisé en Guinée en 2014-2015 lors de l’épidémie d’Ebola. "Il y a encore toute une logistique à mettre en place, des investissements et protocoles ICT (technologies de l’information) à prévoir pour être à même d’utiliser le plus efficacement possible les données récoltées. On va tout mettre en œuvre pour que cette mission soit un succès et permette aussi de rassurer les habitants de l’île de Lesbos", conclut le Professeur.