Depuis le début de la crise du coronavirus dans notre pays, Jérôme Colin, animateur radio sur La Première, livre son ressenti quotidien au travers d'un billet romancé relevant d'une série appelée "L'injuste destin du pangolin". Une sorte de "roman feuilleton sur ce que tout le monde va vivre aujourd'hui", comme il le définit.

Accompagné de 4 acolytes (Adeline Dieudonné, Myriam Leroy, Sébastien Ministru et Eric Russon), ils ont tour à tour écrit un chapitre de ce roman que l'animateur a décidé de sortir sous la forme d'un recueil en librairie. "Chacun écrivait le chapitre du jour et l'envoyait au suivant. On n'avait aucune prise et on ne pouvait évidemment pas revenir en arrière ni corriger ce que l'autre avait fait, c'était notre jeu à nous", explique Jérôme Colin au micro de La Première. "L'injuste destin du pangolin" se concentre sur la vie d'un couple dans un immeuble à appartements au temps du coronavirus. Le but étant de faire vivre une fiction sur ce que tout le monde pouvait vivre lors de cette pandémie. "Seule la fiction est capable de dire les choses comme elle les dit", soutient l'animateur radio qui se justifie de ne pas avoir voulu faire une billet journalistique pour traiter le sujet.

Un épisode, le 29e, a particulièrement retenu l'attention. Jérôme Colin y critiquait ouvertement le gouvernement Wilmès après le Conseil National de Sécurité qui avait eu lieu très tardivement le 24 avril et qui avait été la cible de polémiques. Suite aux critiques formulées par l'animateur radio de la RTBF, Sophie Wilmès avait même réagi en personne, jugeant tout cela "infondé" et "relevant du mensonge".


Interrogé à ce sujet, Jérôme Colin prend d'abord avec humour les répercussions de cette sortie médiatique. "C'est une fiction, ce n'est pas moi qui ai dit ça, c'est le personnage", répond-il avec le sourire, avant d'assumer qu'il s'agissait bel et bien d'un gros coup de gueule de sa part. "C'était évidemment un coup de gueule mais c'est un coup de gueule que permet la fiction. Sans la fiction on ne peut pas le faire", assure l'animateur qui se félicite de l'effet qu'a eu son texte sur les auditeurs.

"La question qu'il faut se poser, c'est pourquoi des millions de personnes ont vu, partagé et commenté ce billet et pourquoi il a eu tant d'impact. Et la réponse, c'est la frustration. Nous sommes frustrés depuis des années de la façon dont nous sommes gouvernés ici en Belgique", explique Jérôme Colin qui met ensuite le doute sur le fameux auteur de ce 29 ème épisode de 'L'injuste destin du pangolin". "Quelqu'un a écrit ce texte et vous ne savez même pas si c'est moi qui ai écrit ce texte car nous sommes 5 à écrire. Quelqu'un a donc réussi à galvaniser la frustration en disant ce que nous ressentons tous, c'est-à-dire ce malaise d'être mal gouverné." Jérôme Colin estime que son intervention aura eu un effet positif sur la population. "Notre classe politique ne pourra plus nous diriger comme elle l'a fait par le passé. Maintenant on la regarde." 

A la question de savoir si l'animateur a été en contact avec Sophie Wilmès suite à cet épisode, il admet avoir eu la Première ministre "longuement au téléphone pendant une heure pour parler de ça et de certains propos qui avaient pu la heurter, ce que je comprends tout à fait mais je lui ai dit qu'elle m'avait également heurté donc c'était 1-1."

Son 29ème épisode, Jérôme Colin l'avait lu sous l'air de la musique du film "Le Mépris". Est-il temps de passer au temps du "Grand pardon" ? L'animateur radio s'insurge. "Le grand pardon de quoi ? Il n'est pas du tout l'heure du grand pardon par contre je les mets au défi de bien nous diriger."