Pour Michaël Dantinne, criminologue à l'Université de Liège, le mode opératoire de Jürgen Conings ne laisse pas de doute : il y a eu préméditation, voire même "scénarisation".

"Le fait d'envoyer ces lettres d'adieu, de clamer son amour à sa compagne, de prendre le soin de dire 'J'ai nettoyé la maison pour ne pas que l'on trouve des choses qui t'incriminent', d'avoir déposé ses décorations militaires sur la tombe de ses parents défunts, il y a une forme de scénarisation qui n'est pas loin de rappeler ce que l'on a vu dans certains films. On est face à quelqu'un qui a mûri et réfléchi à son projet", explique l'expert interrogé par RTL Info ce dimanche.

"On doit se poser la question 'Jusqu'où a-t-il réfléchi? Jusqu'où a-t-il été capable de créer des fausses pistes?'. L'acteur principal de ce film c'est lui. Cet effet-là est rencontré puisque tous les projecteurs sont braqués sur lui. Il est donc en ce moment le héros du film qu'il est en train d'écrire".

Le scénario imaginé par Jürgen Conings a-t-il été perturbé ? "La question est de savoir si c'est quelque chose de minutieusement préparé avec des fausses pistes et autres, se plaisant à balader les services de sécurité. Ou avait-il un scénario bien rodé qui s'est heurté à une impossibilité de le concrétiser? C'est difficile à dire pour l'instant."

Selon l'expert, le militaire est loin d'être impulsif et irrationnel. "La meilleure preuve, c'est que si ça avait été un profil tel que celui-ci, on l'aurait déjà retrouvé", conclut Michaël Dantinne.