L'Airbus A400M Atlas, dont le premier exemplaire d'une flotte belgo-luxembourgeoise de huit appareils est arrivé vendredi matin à l'aéroport militaire de Melsbroek, est un programme emblématique de la défense européenne qui a peiné à trouver son rythme de croisière, après des années de retards et des milliards d'euros de surcoûts. Cet avion quadrimoteur, qui est capable d'effectuer à la fois des missions tactiques et des vols stratégiques à 5.400 km de distance, est censé compenser des lacunes des armées européennes maintes fois constatées en matière de transport aérien.

D'une envergure de 42,4 mètres pour une longueur de 45,1 m, il est capable de transporter, avec un équipage de trois ou quatre personnes, matériels lourds et personnel ainsi que de larguer des parachutistes et des véhicules dans un environnement hostile. Il doit aussi assurer des missions d'évacuation sanitaire et de ravitaillement en vol.

L'A400M dispose à la fois d'une vitesse de croisière élevée (780 km/h) à haute altitude (8.800 m) pour assurer ses missions logistiques rapidement et à grande distance, et d'une capacité à utiliser des terrains sommaires une fois arrivé sur un théâtre d'opération.

Les capacités de l'appareil lui permettent de transporter jusqu'à 37 tonnes de fret sur 4.500 km ou 17 tonnes sur 5.800 km et de larguer 116 parachutistes en un seul passage.

"C'est un avion de transport 'state of the art' (de pointe, ndlr) mais aussi un 'game changer' (changeur de la donne)", a commenté vendredi le commandant de la composante Air, le général-major Thierry Dupont, devant un parterre d'invités.

Mais le programme a été marqué par de nombreux retards et des difficultés techniques, qui ont fait passer son coût total de vingt à plus de trente milliards d'euros.

Le premier prototype de l'A400 avait effectué sa sortie d'usine en grande pompe, en présence du roi d'Espagne de l'époque, Juan Carlos, le 26 juin 2008 à Séville (sud de l'Espagne), où se trouve la chaîne d'assemblage final.

Il n'avait réalisé son premier vol qu'en décembre 2009, avec près de deux ans de retard sur le calendrier initial.

A l'époque, le Luxembourg et la Belgique, clients de lancement de cet avion de nouvelle génération avec l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et la Turquie, espéraient recevoir leur premier exemplaire en 2017 et 2018 respectivement.

A ce jour, 93 appareils sont en service, selon le directeur des ventes et du marketing d'Airbus Defence and Space, Bernhard Brenner. Quatre ont été livrés à la Malaisie, qui reste à ce jour le seul client à l'exportation.

Le programme est mené en coopération par sept pays (Allemagne, Belgique, France, Espagne, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie). La gestion du programme est confiée à l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement (OCCAr) et sa réalisation à Airbus Defence and Space Espagne. Le moteur est réalisé par EPI (Rolls-Royce, Snecma, MTU [Allemagne], ITP [Espagne]).

© AFP