Depuis trois jours, le nombre moyen d'infections au coronavirus est en baisse. On dénombre 2.171,3 nouveaux cas quotidiens sur la période allant du 18 au 24 décembre, ce qui représente une baisse de 15% par rapport à la période de calcul précédente.

Au niveau des décès, une moyenne de 84,6 personnes perdent la vie tous les jours des suites du coronavirus, soit une baisse de 12,6%. Au total, 19.200 personnes sont mortes du virus depuis le mois de mars.

Les chiffres tendent aussi vers le bas en ce qui concerne les hospitalisations puisque l'on dénombre 160,3 nouvelles admissions en moyenne chaque jour, c'est 11% de moins par rapport à la période de calcul précédente.


Pour débuter cette conférence, Yves Stevens, du Centre de crise, a voulu souligner l'espoir que représente le fait que l e premier Belge vient d'être vacciné . "Ce 28 décembre représente beaucoup dans cette lutte avec la campagne de vaccination qui est lancée et nous donne de l'espoir pour combattre la propagation de cette pandémie."

Yves Van Laethem a quant à lui estimé que, depuis le 25 décembre, nous avons passé un moment charnière grâce à la diminution des contaminations mais il a appelé à la prudence. "Le fait que beaucoup de personnes soient en congé et se font donc moins tester peut expliquer cela, même si les hospitalisations sont en baisse, ce qui est une bonne chose."


Dans toutes les tranches d'âge, les contaminations diminuent même si elles restent toujours plus fortes dans la tranche d'âge des personnes plus actives qui concerne la population allant de 20 à 60 ans. "Les contaminations baissent donc dans l'entièreté du pays : - 7% en région Bruxelles-Capitale, -11% en Wallonie et -19% en Flandre. La diminution la plus importante se trouve dans la province du Luxembourg avec - 30%. La province du Limbourg connaît la moins forte baisse avec -4%.


En ce qui concerne le nombre de contaminations, c'est toujours la province d'Anvers qui est la plus touchée avec 359 cas par jour."


"Si nous gardons le rythme que nous connaissons actuellement, nous pourrons connaître un nombre de 75 hospitalisations par jour à la mi-février', explique Yves Van Laethem. "Cependant à côté de ces chiffres favorables, il y a encore des augmentations au niveau des hospitalisations dans certaines provinces, il faut donc faire attention. 70% des personnes hospitalisées doivent être ventilées. Cela représente un gros pourcentage et cela signifie qu'il s'agit de séjours de longue durée."

Les deux doses du vaccin sont-elles vraiment nécessaires?

Ce lundi, il revient que plusieurs experts veulent changer la stratégie de vaccination dans notre pays en administrant dans un premier temps une seule dose à la population au lieu de deux, même si le vaccin concerné doit être injecté à deux reprises.

Interrogé sur le sujet à l'issue de la conférence de presse, Yves Van Laethem s'est étendu sur le sujet en exprimant ses craintes quant à cette façon de fonctionner. Tout d'abord, le spécialiste des maladies infectieuses estime qu'il faut connaitre l'impact que pourra avoir sur la population cette simple dose dans un premier temps.

"Quand on regarde les études publiées, on se rend compte qu'avec ces vaccins à base d'un ARN-Messager, nous avons une protection significative dès le 8e-10e jour après la 1ère dose. Il serait donc intéressant scientifiquement de savoir l'impact que pourra avoir sur la santé publique le fait d'administrer une dose unique avec une protection moindre par rapport à une couverture plus importante de personnes qui sont à risques de développer la maladie", relate-t-il.

Yves Van Laethem explique ensuite que plusieurs contraintes s'opposent à cette nouvelle stratégie. Des contraintes qui se veulent éthiques mais aussi légales. "Au point de vue éthique, il faut quand même rappeler que le schéma qui a été développé et expérimenté est un schéma en deux doses et nous ne connaissons pas l'impact exact sur un nombre significatif de personnes pour un schéma en une dose entre autres chez les personnes âgées."

D'autre part, au sujet de la vaccination, le porte-parole interfédéral indique également qu'il existe un contexte légal important à respecter. "Le schéma expérimenté et approuvé l'a été par les autorités de régulation comme l'Agence Européenne des médicaments mais aussi par la communauté européenne en tant que telle. Transiger avec ces deux doses en en administrant qu'une seule pourrait poser d'un point de vue légal et juridique d'importantes questions pour ne pas dire d'importants problèmes."