Cette fois, ça y est, l’horizon des Belges commence à s’éclaircir. Le Comité de concertation (Codeco) réuni ce vendredi a continué les discussions interrompues la semaine passée pour, cette fois-ci, les faire aboutir. La flambée des hospitalisations tant redoutée n’a pas eu lieu, la situation sanitaire autorise donc quelques assouplissements. "Nous sommes conscients de la nécessité de perspectives après une période de cinq mois de mesures strictes. La population en a besoin", reconnaît le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), qui maintient son appel à la prudence.

Voici les grandes dates de ce qu’il convient déjà d’appeler "le calendrier du déconfinement".

Le 8 mars

Dès ce lundi, la limitation des contacts à l’extérieur sera revue à la hausse. Il sera désormais possible de voir dix personnes, et non plus quatre. Les modalités restent les mêmes : respecter 1,5 mètre de distance et porter le masque, indique Alexander de Croo.

Mais cette ouverture ne concerne que les activités en extérieur. La fameuse bulle de un pour les contacts à l’intérieur reste, elle, toujours en vigueur.

À partir du 8 mars aussi, les activités à l’extérieur des plus jeunes (jusqu’à 13 ans) pourront également s’ouvrir à vingt-cinq participants. À l’intérieur, ça sera un maximum de dix.

La limitation de personnes présentes lors des funérailles est également revue à la hausse, avec une jauge de cinquante personnes, et non plus quinze comme c’était le cas jusqu’à présent.

Petite particularité pour la région bruxelloise : les quatre mesures propres à la capitale seront discutées et évaluées avec les autorités locales la semaine prochaine, a annoncé le ministre-Président Rudi Vervoort (PS). Parmi ces règles, on retrouve notamment le couvre-feu - qui est actuellement le plus strict de tout le pays - mais également l’obligation du port du masque généralisée sur tout le territoire, l’interdiction de vendre de l’alcool après 20 heures et de consommer de l’alcool dans les lieux publics. Ces mesures restent donc toujours en vigueur.

Le 15 mars

La mi-mars sera synonyme de changements dans l’enseignement. À partir de cette date, les étudiants du supérieur pourront retrouver le chemin des auditoires un jour par semaine (voir page 6). La "bulle de kot", qui autorise les étudiants qui habitent ensemble à former une seule bulle, entrera également en vigueur. En contrepartie, il leur sera demandé de limiter les interactions avec leurs familles.

Le 15 mars permettra aussi la reprise des activités extrascolaires pour les élèves du primaire, à raison d’un jour par semaine.

Le 1er avril

Le 1er avril verra l’entrée en vigueur du "plan plein air", annoncé jeudi par le Premier ministre. Ainsi, les activités en extérieur pourront reprendre, avec malgré tout une limitation : maximum dix personnes dans le cadre privé, jusqu’à vingt-cinq personnes pour les camps de jeunesse et jusqu’à cinquante personnes pour la culture et l’exercice du culte. Cela concerne également les marchés et les parcs d’attractions. Mais cette annonce devra toutefois être confirmée après évaluation de la situation, lors du prochain Codeco, prévu le 26 mars.

Le 19 avril

La perspective de vacances à l’étranger s’éloigne encore un peu plus. L’interdiction de voyages non essentiels, initialement d’application jusqu’au 1er avril, est finalement prolongée jusqu’au 18 avril. Le Premier ministre estime qu’il s’agit d’"une mesure nécessaire pour atténuer la propagation du virus". Cette levée de l’interdiction dépendra, toutefois, de l’évolution des chiffres et du Codeco prévu le 26 mars. En attendant, pas question d’organiser des vacances à l’étranger à Pâques.

Début mai

Le mois de mai pourrait avoir un petit goût de retour à la normale. En effet, c’est à cette période que pourraient rouvrir l’Horeca (en intérieur et en extérieur), le secteur de la culture, les salles de fitness. Et que les contacts sociaux pourraient être élargis. Comment ? Combien ? Difficile à dire, pour le moment, tant les inconnues restent nombreuses. Une chose est sûre, cependant, cette ouverture sera encadrée par des protocoles stricts. Cette perspective sera conditionnée par l’évolution de la situation sanitaire mais aussi, et surtout, par la campagne de vaccination. Les experts du GEMS et du RAG (chargé de la gestion du risque) devront plancher sur des plans pour accompagner ce déconfinement progressif.

© D.R.