Alors que la Belgique s'apprête à passer le cap du millionième cas de coronavirus, il convient de remettre ce chiffre en contexte. S'il provient des données confirmées par Sciensano, il ne reflète pas la réalité de l'épidémie dans notre pays étant donné qu'il a été largement sous-estimé. "Le nombre réel est sans doute trois fois plus élevé", a expliqué le biostatisticien Geert Molenberghs à nos confrères du Laatste Nieuws.

Pour comprendre pourquoi ce chiffre est autant en décalage avec la réalité, il faut revenir au début de l'épidémie. Souvenez-vous, en mars 2020, alors que le Covid touchait le monde entier, la Belgique, comme d'autres pays, faisait face à un manque criant de réactifs pour les tests. A l'époque, même en cas de symptômes suspects, il était très difficile, voire parfois impossible, de se faire tester pour confirmer ou infirmer l'infection. "Fin mars et début avril, à peine 1 cas sur 50 a été identifié. Au mieux, 1 cas sur 30. A partir de la fin avril, nous avons mis les choses en ordre et on est à ce moment-là plutôt passé à 1 cas sur 5 identifié, voire même 1 cas sur 3."

Des cas passés sous les radars

Lors de la première vague, un grand nombre de cas sont donc passés entre les mailles du filet. Surtout chez les jeunes qui n'étaient pas la priorité à ce moment-là. 

Jusqu'à aujourd'hui, des cas ont encore continué à passer sous les radars, même si fort heureusement la proportion n'est pas comparable. "Parfois les gens ne savent tout simplement pas qu'ils ont été infectés car ils ne présentent aucun symptôme. Ou ils ressentent des symptômes mais ne se font pas tester, c'est une réalité", explique l'expert. Même si la Belgique a grandement perfectionné sa politique de testing afin de débusquer le plus de cas possibles, il est impossible de n'en manquer aucun. "Pour toutes ces raisons, nous sommes probablement aujourd'hui entre 3 et 3,5 millions d'infections réelles", conclut Geert Molenberghs. 

D'autres indicateurs plus pertinents

Etant donné que le nombre total d'infections n'est pas un reflet fidèle de la réalité, les experts ont choisi depuis longtemps de se concentrer sur trois indicateurs: le nombre de nouvelles admissions à l'hôpital, le nombre de personnes en soins intensifs et le taux de positivité. Le nombre de nouvelles infections est toutefois toujours tenu à l'oeil par les experts comme un énième élément confirmant la tendance générale de l'épidémie.